Le gouvernement veut accélérer la gestion du dossier de l’amiante dans les anciennes cités CHA/EDC. À l’Assemblée nationale hier, le ministre du Logement et des Terres, Shakeel Mohamed, a annoncé la mise en place d’un comité interministériel chargé de piloter un vaste programme de relogement, de reconstruction et de démantèlement des maisons contaminées.
Construites après les cyclones Alix et Carol dans les années 1960, plusieurs de ces habitations contiennent encore de l’amiante, un matériau associé à des maladies graves comme l’asbestose, le cancer du poumon et le mésothéliome. Le ministre Shakeel Mohamed a rappelé que le problème est documenté depuis plus de 25 ans à travers plusieurs rapports officiels.
Shakeel Mohamed a également reconnu des incohérences dans les chiffres détenus par l’État. Selon les données disponibles, entre 1 453 et 1 560 logements contiendraient toujours de l’amiante.
Parmi les mesures envisagées figure un système d’échange terrain contre logement. L’État reprendrait les terrains concernés en échange d’un logement social neuf. Les familles souhaitant reconstruire sur leur terrain pourraient, elles, bénéficier d’un financement via la Mauritius Housing Company ou d’une aide directe.
Le gouvernement prévoit également des tests de qualité de l’air dans 35 maisons ainsi qu’un nouvel inventaire national réalisé par Statistics Mauritius.
Le coût de reconstruction est estimé entre Rs 2,5 et 3 millions par unité, ce qui pourrait représenter plusieurs milliards de roupies au total.
Toutefois, le ministre Shakeel Mohamed a précisé que le projet dépend encore de l’accord du ministère des Finances, d’un avis légal de l’Attorney General et de l’approbation finale du Cabinet.