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Yudhisen Mardaymootoo: Le 10/08/2026 à 11:00 | MAJ à 10/08/2026 à 11:02
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Publié : Le 10/08/2026 à 11:00 | MAJ à 10/08/2026 à 11:02

Le Kosovo vacille un peu plus dans la crise politique. Samedi 8 août, l’hémicycle de Pristina a été le théâtre d’un incident spectaculaire lorsque le Premier ministre par intérim, Albin Kurti, a été pris pour cible par une députée de l’opposition qui lui a lancé des œufs au visage. Cet incident plonge un peu plus la plus jeune démocratie du continent dans une période d’instabilité, faisant craindre un nouveau scrutin anticipé, le troisième en moins de deux ans, dans un pays marqué par de profondes divisions politiques.

Alors que les tractations autour de la désignation du prochain chef de l’État piétinaient, Albin Kurti cherchait à repousser un vote crucial. C’est en pleine séance que la députée de l’opposition Time Kadrijaj a lancé des œufs en direction du dirigeant, tout en lui criant : « Honte à vous ! »

La réaction a été immédiate : la retransmission en direct a été interrompue et un cordon de sécurité s’est formé autour du chef du gouvernement. Albin Kurti a ensuite ironisé en qualifiant cet incident de simple « prix à payer » pour préserver le dialogue. Les travaux parlementaires ont néanmoins été immédiatement suspendus.

À 51 ans, Albin Kurti n’est pas étranger aux turbulences institutionnelles. L’ironie de la situation n’a d’ailleurs pas échappé à certains observateurs, les cadres de son propre mouvement, Vetevendosje (VV), s’étant eux-mêmes illustrés par le passé lors de perturbations des travaux parlementaires alors qu’ils siégeaient dans l’opposition.

Vainqueur des législatives de juin dernier avec une majorité suffisante pour diriger l’exécutif, le parti d’Albin Kurti se heurte désormais à un obstacle constitutionnel majeur : l’élection présidentielle requiert une majorité des deux tiers. Un seuil qui ne peut être atteint sans un accord avec l’opposition, pour l’heure inflexible.

Depuis l’expiration, vendredi, du délai fixé pour la constitution du Parlement, le pays reste plongé dans l’incertitude. La demande du Premier ministre visant à obtenir un délai supplémentaire pour poursuivre les négociations attise désormais les tensions, l’opposition menaçant de saisir la justice pour contester la légalité de ce sursis.