L’ancien Premier ministre népalais Khadga Prasad Sharma Oli a été arrêté le samedi 28 mars 2026 dans le cadre de l’enquête sur la violente répression des manifestations survenues en septembre dernier, qui ont fait plus de 70 morts à travers le pays. Ces protestations, déclenchées initialement par l’interdiction des réseaux sociaux, ont rapidement pris de l’ampleur, alimentées par un profond mécontentement lié à la corruption, au chômage et à la stagnation économique. De nombreux manifestants ont été abattus par les forces de l’ordre.
L’ancien ministre de l’Intérieur Ramesh Lekhak a également été interpellé le même jour, après qu’une commission d’enquête a recommandé des poursuites pour négligence criminelle. Les deux hommes n’ont toutefois pas encore été formellement inculpés. Ces arrestations interviennent au lendemain de l’investiture du nouveau Premier ministre, Balen Shah, âgé de 35 ans, dont l’élection a été provoquée par cette crise politique majeure.
Selon la police de la vallée de Katmandou, la procédure judiciaire suit son cours. Mais les avocats de KP Sharma Oli dénoncent une détention injustifiée, affirmant qu’il ne présente aucun risque de fuite. De son côté, le nouveau ministre de l’Intérieur Sudan Gurung a salué ces arrestations, évoquant « le début de la justice » et affirmant que « personne n’est au-dessus de la loi ».
Le pic de la violence a été atteint le 8 septembre lors des manifestations dites « Gen-Z », au cours desquelles au moins 19 personnes, dont un adolescent, ont été tuées. Les troubles se sont ensuite étendus à l’ensemble du pays, faisant des dizaines d’autres victimes et entraînant incendies et destructions de bâtiments publics. Depuis, les familles des 76 victimes réclament que les responsabilités soient établies.
Sous la pression, KP Sharma Oli avait démissionné le 9 septembre, avant de se représenter aux élections du 5 mars. Le scrutin a été largement remporté par le parti de Balen Shah, marquant un tournant politique historique au Népal.