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Shane: Le 14/04/2026 à 15:59 | MAJ à 14/04/2026 à 16:04
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Publié : Le 14/04/2026 à 15:59 | MAJ à 14/04/2026 à 16:04
Par : Dooshina Appigadu

À la suite de la publication du rapport du Directeur de l’Audit pour l’exercice financier 2024-2025, le ministère des Finances affirme avoir procédé à une analyse approfondie des irrégularités relevées.

Répondant à une question parlementaire du député Roshan Jhummun, le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, a indiqué que des actions correctives ont déjà été engagées pour remédier aux lacunes identifiées.

Dès le 20 mars 2026, une circulaire a été adressée aux responsables administratifs afin d’accélérer la mise en œuvre des recommandations du rapport. Les ministères et départements sont notamment appelés à :

  • identifier les causes profondes des dysfonctionnements ;
  • comprendre les raisons de la non-application des recommandations passées ;
  • appliquer sans délai des mesures correctives ;
  • désigner un responsable chargé du suivi.

Une seconde circulaire, émise le 27 mars, insiste sur la nécessité d’un contrôle renforcé des organismes publics. Les autorités veulent s’assurer que ces entités respectent les règles en vigueur et améliorent la qualité des services rendus à la population.

Parmi les exemples cités, le contrat de Rs 13,3 millions pour l’installation de caméras de surveillance à la prison de Beau-Bassin retient particulièrement l’attention. Attribué à une entreprise dirigée par un ancien député, le projet est aujourd’hui à l’arrêt, l’entreprise ne répondant plus aux sollicitations. Le rapport d’audit souligne qu’aucun avis juridique n’a été sollicité face à cette situation.

Le gouvernement évoque un cas de « négligence » et assure que des actions seront prises.

Dans une volonté de renforcer la transparence, les autorités annoncent la création prochaine d’une National Accountability Enforcement Authority (NAEA).

Cette nouvelle institution aura pour mission :

  • d’examiner les conclusions des rapports d’audit et des comités de contrôle ;
  • d’enquêter sur les manquements aux règles et procédures ;
  • d’imposer, si nécessaire, des sanctions administratives.

Elle sera dotée de pouvoirs étendus, incluant la possibilité de convoquer les responsables d’institutions publiques et d’exiger la transmission d’informations.

Par ailleurs, les rapports d’audit des entreprises publiques et organismes paraétatiques présentant des irrégularités seront automatiquement transmis à cette autorité.

Le gouvernement prévoit également des amendements législatifs afin de renforcer le rôle du Directeur de l’Audit, notamment avec la production d’un rapport synthétique mettant en évidence les points critiques.

En parallèle, une assistance technique du Fonds monétaire international (FMI) a été sollicitée pour l’élaboration d’une future Fiscal Responsibility Act, dont la National Accountability Enforcement Authority (NAEA) devra garantir l’application.

Concernant la gestion des finances publiques, le gouvernement mise sur le Performance-Based Budgeting (PBB) pour améliorer l’efficacité.

Ce système, basé sur des indicateurs de performance, oblige les ministères à :

  • revoir leurs méthodes de travail ;
  • réduire le gaspillage ;
  • optimiser la qualité des services publics.

Le message des autorités est clair : les pratiques dénoncées dans le rapport d’audit ne seront plus tolérées. Le gouvernement promet des mesures « durables » pour instaurer une culture de responsabilité et mettre fin aux abus dans le secteur public.