La Banque mondiale a récemment dévoilé une nouvelle stratégie visant à mieux accompagner les petits États insulaires et les économies de taille réduite, confrontés à des défis structurels majeurs tels que l’isolement géographique, la vulnérabilité aux chocs externes et la limitation de leur base économique. L’objectif est de favoriser les investissements privés, d’accompagner les réformes économiques et réglementaires et de soutenir la création d’emplois dans ces économies vulnérables. Les secteurs ciblés incluent notamment la santé, l’énergie abordable, les infrastructures résilientes ainsi que les Petites et Moyennes Entreprises (PME).
Présentée lors des réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, cette stratégie a été discutée à huis clos avec les ministres et gouverneurs de banques centrales de près de 50 petits États. Le président du Groupe de la Banque mondiale, Ajay Banga, a insisté sur une approche différenciée, adaptée aux réalités spécifiques de chaque pays.
L’institution prévoit en effet de renforcer les investissements privés, d’appuyer des réformes réglementaires favorisant l’activité économique et de concentrer ses efforts sur des secteurs jugés prioritaires : santé, énergie abordable, infrastructures résilientes ainsi que les micro et petites entreprises.
Maurice figure parmi les pays concernés par des diagnostics approfondis, aux côtés de la Barbade, de la Guinée-Bissau, du Lesotho, des Samoa et des Seychelles. Ces études visent à identifier les obstacles au recrutement et à la compétitivité du secteur privé.
Dans le cas de Maurice, cette démarche intervient alors que la diversification économique, la transition énergétique et la résilience face aux chocs externes restent des priorités clés.
La Banque mondiale a par ailleurs approuvé l’an dernier un montant record de 3,3 milliards de dollars en engagements et garanties en faveur des petits États.
L’institution souligne également le coût élevé de ses interventions dans ces pays, jusqu’à quatre fois supérieur à celui observé dans les grandes économies. Elle entend donc simplifier ses mécanismes de financement et privilégier des solutions plus flexibles et mutualisées.
Des projets pilotes sont déjà en cours, notamment aux Tonga, où un programme de résilience urbaine est cofinancé avec la Banque asiatique de développement. La Banque mondiale souhaite reproduire ce type de coopération avec d’autres institutions régionales, notamment dans les Caraïbes.
Enfin, elle mise sur une mobilisation accrue des capitaux privés, estimant que cette approche peut transformer durablement les marchés et générer des emplois plus stables dans les petits États.
Source : Reuters