Maurice, reconnue comme l’un des hauts lieux mondiaux de la biodiversité, fait face à une menace qui gagne progressivement du terrain : la prolifération des espèces exotiques envahissantes. Pendant des milliers d’années, le patrimoine naturel de l’île a relativement été préservé. Mais l’exploitation des habitats naturels, combinée à l’introduction volontaire ou accidentelle d’espèces étrangères, fragilise aujourd’hui des écosystèmes déjà vulnérables.
Face à cette situation, le Fonds pour l’environnement mondial (GEF) mobilise une subvention de 3,888 millions de dollars pour soutenir les efforts du pays. Le projet vise à renforcer les capacités nationales afin de mieux prévenir, contrôler, éradiquer ou gérer les espèces exotiques envahissantes.
L’intervention porte également sur le renforcement du cadre législatif, politique et institutionnel, ainsi que sur l’amélioration des connaissances et la sensibilisation du public. L’objectif est de mieux faire comprendre les risques liés à ces espèces et l’importance de la biosécurité.
L’ampleur de la menace se mesure à travers plusieurs indicateurs. 94 % des plantes endémiques de Maurice sont classées comme menacées, tandis que 804 des 1 675 espèces végétales introduites sont considérées comme des envahisseurs agressifs.
Dans le milieu marin, la situation évolue également. Le nombre d’espèces non indigènes recensées est passé de 15 à 25 entre 2009 et 2013.
Mis en œuvre au niveau national par le ministère de l’Agro-Industrie, à travers le National Parks Conservation Service, le projet est mené en partenariat avec le United Nations Development Programme (UNDP) Maurice et Seychelles.
Parmi les résultats attendus figure notamment le contrôle physique de 100 % des cargaisons à haut risque de végétaux et d’animaux importées ou en transit aux points d’entrée. Une mesure destinée à réduire le risque d’introduction de nouvelles espèces susceptibles de menacer les écosystèmes locaux.
Autre volet majeur : la révision et l’actualisation de la National Invasive Alien Species Strategy and Action Plan, afin de disposer d’un cadre plus adapté aux nouveaux défis environnementaux. Le nouveau plan couvrira la période 2023-2030.
L’enjeu dépasse ainsi la seule protection de la faune et de la flore. Il s’agit de préserver les écosystèmes, protéger les ressources naturelles et sauvegarder un patrimoine biologique dont la valeur dépasse largement les frontières de Maurice.