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Keshinee: Le 25/02/2026 à 09:11 | MAJ à 25/02/2026 à 09:24
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Repeuplement marin à Maurice
Publié : Le 25/02/2026 à 09:11 | MAJ à 25/02/2026 à 09:24
Par : La Redaction

Dans le cadre du programme national de « marine ranching », le Centre de Recherches Halieutiques d’Albion a procédé, le vendredi 20 février, au relâcher de 10 000 alevins de dorade argentée dans le parc marin de Blue Bay Marine Park. Cette opération s’inscrit dans une stratégie de restauration des écosystèmes lagunaires et de renforcement de la sécurité alimentaire, alors que la pression sur les ressources halieutiques mauriciennes demeure soutenue.

Classé parmi les aires marines protégées les plus emblématiques de l’île, le parc marin de Blue Bay constitue un site écologique majeur du sud-est mauricien. C’est dans ce lagon que 10 000 juvéniles de « Gueule Pavée » — la dorade argentée (Rhabdosargus sarba) — ont été remis à l’eau par les équipes du Centre de Recherches Halieutiques d'Albion (AFRC), opérant sous l’égide du ministère de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et des Pêches.

L’objectif est clair : soutenir le renouvellement des stocks dans des lagons fragilisés par la surpêche, la dégradation des récifs coralliens et les effets du changement climatique.

L’opération menée à Blue Bay s’intègre dans un programme plus vaste. Au total, près de 50 000 alevins de « Gueule Pavée » sont introduits simultanément dans plusieurs aires marines protégées autour de l’île, notamment à Grand Gaube, Pointe aux Piments, Trou d’Eau Douce, Mahébourg, Bambous Virieux, Le Morne, Petite Rivière Noire, Albion et Poudre d’Or.

Depuis le lancement du Marine Ranching Project, ces sites bénéficient d’opérations régulières d’ensemencement visant à restaurer les populations marines. Le programme cible trois espèces prioritaires : le « Cordonnier » (Siganus sutor), la « Gueule Pavée » et le crabe de vase, toutes essentielles à l’équilibre des écosystèmes côtiers.

Pour produire les juvéniles destinés au relâcher, les scientifiques ont recours à deux approches distinctes. La première, dite « harvest-type », consiste à collecter des alevins sauvages durant la saison de reproduction, puis à les élever en bassins contrôlés jusqu’à une taille adaptée à leur réintroduction.

La seconde méthode, dite « recruit-type », repose sur la reproduction induite en écloserie. Les géniteurs sont stimulés en milieu contrôlé, les œufs incubés, puis les juvéniles élevés avant leur relâcher dans le lagon. Cette complémentarité permet d’assurer un approvisionnement régulier tout en veillant à préserver la diversité génétique des populations.

Au-delà de son rôle écologique, la dorade argentée occupe une place importante sur les marchés mauriciens. Appréciée par la pêche artisanale et la restauration, elle présente également un fort potentiel en aquaculture grâce à sa capacité de reproduction en conditions contrôlées.

À travers le Marine Ranching Project, les autorités entendent concilier restauration environnementale et développement économique. L’enjeu est double : préserver la biodiversité marine tout en consolidant une filière halieutique durable, capable de contribuer à la sécurité alimentaire d’une île dont l’avenir reste étroitement lié à la mer.