Face à une vague de manifestations et de blocages qui secoue le pays depuis plusieurs semaines, le Parlement bolivien a adopté une nouvelle loi facilitant le déploiement de l’armée pour rétablir l’ordre en cas d’état d’urgence. Cette décision intervient alors que la pression s’intensifie sur le président Rodrigo Paz, confronté à des protestations menées notamment par des mineurs, agriculteurs et groupes indigènes réclamant sa démission.
Le texte, adopté à une large majorité par la Chambre des députés, abroge une loi de 2020 qui limitait l’intervention des forces armées aux situations où la police se retrouvait dépassée. Les partisans de cette mesure estiment qu’elle permettra au gouvernement de mieux répondre aux violences et aux perturbations qui paralysent plusieurs régions du pays.
Cependant, cette décision suscite également de vives critiques au sein de l’opposition et de certains secteurs de la société civile, qui craignent une montée des tensions sociales. Les manifestations ont débuté fin avril après une réforme foncière proposée par Rodrigo Paz, avant de s’étendre à d’autres revendications liées notamment à la hausse du coût de la vie, aux pénuries de carburant et aux réformes économiques envisagées par le gouvernement.
L’ancien président Evo Morales, accusé par le pouvoir d’attiser la contestation, rejette ces accusations. Malgré plusieurs concessions annoncées par le gouvernement, notamment un remaniement ministériel et des mesures d’austérité, la crise continue de secouer la Bolivie.