Aller au contenu principal
Accueil
Thomas Jadoobur: Le 15/08/2026 à 13:46 | MAJ à 15/08/2026 à 13:48
Main picture
Publié : Le 15/08/2026 à 13:46 | MAJ à 15/08/2026 à 13:48

« Tibet : Pékin renforce son influence au Népal à l’approche de la succession du dalaï-lama ».

Le 17e séminaire de l’Association internationale des études tibétaines (IATS), prévu du 23 au 29 août à l’Université de Katmandou, au Népal, a été annulé le 5 août à la demande formelle du gouvernement népalais, avant d’être transféré en ligne. Cette décision intervient alors que l’événement, préparé depuis quatre ans, devait réunir des chercheurs d’une quarantaine de pays, notamment d’Inde, de Chine et des États-Unis.

Considérée comme l’un des principaux forums universitaires consacrés à la culture, à l’histoire, à la langue et à la religion tibétaines, la conférence a officiellement été annulée pour des « préoccupations de sécurité ». Pourtant, les services de sécurité népalais auraient écarté l’existence d’une menace particulière.

Des pressions chinoises

Des responsables chinois auraient exprimé leurs inquiétudes quant à la possibilité que des militants pro-tibétains utilisent la conférence pour organiser des manifestations. Le vénérable maître Yinshun, ancien vice-président de l’Association bouddhiste de Chine et membre de la Conférence consultative politique du peuple chinois, s’est rendu au Népal le 29 juillet. Sa visite, conjuguée aux démarches de l’ambassadeur chinois Zhang Maoming, aurait précédé le retrait d’une douzaine de chercheurs du Tibetan Policy Institute, basé en Inde.

Cet épisode s’inscrit dans une stratégie plus large de Pékin visant à limiter l’influence politique et religieuse tibétaine au Népal. Plus tôt cette année, l’ambassadeur chinois aurait notamment mis en garde Katmandou contre toute participation gouvernementale à la prestation de serment de Penpa Tsering, dirigeant de l’Administration centrale tibétaine (CTA), organisée le 27 mai à Dharamsala en présence du dalaï-lama.

La succession du dalaï-lama, enjeu stratégique

La question prend une dimension particulière alors que le 14e dalaï-lama, âgé de 91 ans, a indiqué que son institution, le Gaden Phodrang, disposerait de l’autorité exclusive pour reconnaître sa future réincarnation. Pékin affirme au contraire que la désignation de son successeur devra respecter la législation chinoise.

L’enjeu dépasse le Tibet. Le bouddhisme tibétain demeure profondément implanté dans plusieurs régions de l’Himalaya indien, notamment au Ladakh, au Sikkim et en Arunachal Pradesh, territoires situés dans un environnement géopolitique marqué par les tensions sino-indiennes.

Parallèlement, le Parti communiste chinois renforce son encadrement des institutions religieuses. Li Ganjie, responsable du Département du travail du Front uni, a récemment insisté sur une gestion « légale et standardisée » des institutions bouddhistes tibétaines et sur leur conformité aux principes socialistes.

À l’heure où la succession du dalaï-lama se rapproche, le contrôle du bouddhisme tibétain apparaît ainsi comme un enjeu religieux, politique et géostratégique majeur pour Pékin.