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Keshinee: Le 11/09/2026 à 07:58 | MAJ à 11/09/2026 à 08:01
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Mamy-Ravatomanga
Publié : Le 11/09/2026 à 07:58 | MAJ à 11/09/2026 à 08:01
Par : La Redaction

Les plaidoiries ont pris fin ce jeudi devant la Bail and Remand Court (BRC) dans le cadre de la demande de remise en liberté sous caution de Mamy Ravatomanga. Après plusieurs jours de débats, les avocats des différentes parties ont complété leurs soumissions. La Cour a réservé sa décision et le verdict sera rendu le 12 octobre prochain.

Un élément à forte portée politique a marqué les débats devant la Bail and Remand Court dans le cadre de la demande de remise en liberté sous caution de Mamy Ravatomanga. À la barre, sa fille, Lovanirina Ravatomanga, a soutenu que son père était, dans le contexte politique qui prévalait à Madagascar, pressenti pour être candidat à l’élection présidentielle. Elle a expliqué qu’il avait choisi Maurice parce qu’il considérait le pays comme une démocratie où il pouvait faire confiance aux institutions et au système judiciaire. Elle a également affirmé qu’il ne chercherait pas à fuir et qu’il respecterait toute condition que la Cour pourrait lui imposer.

Cette déposition vient s’ajouter à la ligne de défense développée depuis plusieurs mois, selon laquelle certaines accusations portées contre l’homme d’affaires doivent être replacées dans le contexte politique ayant suivi les bouleversements intervenus à Madagascar. La défense soutient ainsi que Ravatomanga serait victime d’une « vendetta politique », tandis que la Financial Crimes Commission (FCC) maintient que son enquête repose sur des éléments financiers, documentaires et numériques indépendants de toute considération politique.

Au cours des audiences, Mamy Ravatomanga a lui-même pris la parole depuis le dock pour contester plusieurs allégations. Il a insisté sur le fait qu’il exerce des activités économiques et bancaires à Maurice depuis plus de 30 ans, remontant à 1995, et qu’il n’a, selon lui, jamais eu de difficulté avec les autorités mauriciennes. La défense rappelle d’ailleurs que l’enquêteur de la FCC a reconnu qu’il s’agit d’un homme d’affaires de longue date à Maurice. Ravatomanga a également souligné qu’il avait déclaré son statut de Politically Exposed Person (PEP) auprès des institutions financières avec lesquelles il traitait et que ses transactions étaient, de ce fait, soumises à des contrôles renforcés.

Il a répété qu’il n’avait « rien à cacher » et a contesté l’existence ou la portée de plusieurs transferts financiers qui lui sont imputés. Dans sa déclaration, il a notamment invité les enquêteurs à produire les preuves des virements qu’ils lui attribuent, contestant certains montants et certaines destinations de fonds. Il a aussi nié avoir reçu les USD 5 millions évoqués dans le volet Boeing et a contesté diverses affirmations concernant les sociétés dans lesquelles la FCC le présente comme bénéficiaire effectif, dirigeant ou signataire. Sur le dossier du litchi, il a notamment soutenu ne détenir que 20 % dans Litchi Trading Company et ne pas en être le directeur ni le signataire bancaire, une position qui rejoint plusieurs éléments soulevés par sa défense dans ses written submissions.

Les avocats de Ravatomanga insistent également sur les contradictions qu’ils disent avoir relevées au cours du contre-interrogatoire des enquêteurs. Ils citent notamment la question de la prétendue réouverture de l’enquête française sur le bois de rose, la qualification de Ravatomanga comme ultimate beneficial owner dans le volet litchi, ou encore certaines divergences sur les paiements liés à Madarail et au dossier Boeing. La défense soutient que ces éléments affectent la fiabilité de la présentation faite par la FCC et plaide que plusieurs aspects de l’enquête restent encore au stade de la vérification.

La FCC réplique que les Counts 1 et 2 de money laundering reposent sur un ensemble de documents bancaires, témoignages, company records et éléments numériques. Elle cite plusieurs volets, notamment Litchi, Wheat, Madarail, Samcrete et Boeing, et soutient que ces éléments suffisent au stade actuel à établir une reasonable suspicion, sans qu’elle ait à démontrer définitivement les infractions sous-jacentes comme elle devrait le faire lors d’un procès.

Au-delà du fond des accusations, le débat porte désormais fortement sur la nécessité du maintien en détention. La défense souligne l’absence à ce jour de charge formelle et de date de procès, ainsi que le fait que plusieurs éléments n’auraient toujours pas été confrontés au demandeur. Elle fait aussi valoir que ses passeports sont sous contrôle des autorités, qu’une résidence fixe est désormais disponible chez sa fille et que des conditions particulièrement strictes pourraient être imposées.

La FCC, elle, maintient ses objections fondées sur le risque de fuite, d’interférence avec les témoins et d’altération des preuves. C’est donc sur cette confrontation entre la persistance des risques invoqués par l’enquête et la capacité de conditions de bail à les neutraliser que la BRC devra désormais trancher.