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Shane: Le 11/09/2026 à 11:26 | MAJ à 11/09/2026 à 12:17
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Publié : Le 11/09/2026 à 11:26 | MAJ à 11/09/2026 à 12:17
Par : La Redaction

Le président russe Vladimir Poutine est arrivé en Inde à la veille du 18e sommet des BRICS, qui se tiendra les 12 et 13 septembre à New Delhi. Sa visite combine deux dimensions : une série d’entretiens bilatéraux avec le Premier ministre Narendra Modi, notamment sur l’aviation civile, l’énergie et la coopération économique, et la participation à un sommet des BRICS qui s’annonce dominé par les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient.

Le président chinois Xi Jinping est également attendu dans la capitale indienne. Sa venue est particulièrement significative : il s’agira de sa première visite en Inde depuis 2019, après plusieurs années de fortes tensions liées notamment aux affrontements frontaliers de 2020 dans l’Himalaya.

Le président iranien Masoud Pezeshkian participera lui aussi au sommet, donnant à la crise au Moyen-Orient une place centrale dans les discussions.

Pour l’Inde, qui assure cette année la présidence des BRICS, le rendez-vous sera à la fois une démonstration diplomatique et un test de cohésion pour un groupe désormais élargi à onze membres.

 

Poutine en Inde : l’aéronautique civile parmi les nouveaux axes de coopération

 

L’arrivée de Vladimir Poutine intervient alors que Moscou et New Delhi cherchent à élargir leur coopération au-delà des secteurs traditionnels que sont la défense, l’énergie et le nucléaire.

L’un des dossiers les plus concrets concerne l’aviation civile.

Le gouvernement indien a confirmé que des discussions sont en cours sur la possibilité de fabriquer en Inde des avions russes, notamment l’Ilyushin IL-114 et le Sukhoi Superjet 100, ou SJ-100.

Ces appareils pourraient répondre à la volonté de New Delhi d’améliorer la connectivité aérienne régionale dans un pays où le trafic intérieur progresse rapidement.

Les négociations pourraient également inclure la fourniture de jusqu’à 105 appareils régionaux à des opérateurs indiens. La Russie a récemment présenté à New Delhi plusieurs de ses modèles, dont le SJ-100, le MC-21 et l’IL-114-300, signe de son ambition de renforcer sa présence sur le marché aéronautique indien.

Cette coopération représenterait une diversification importante des relations entre les deux pays.

Lors de leur rencontre récente à Bichkek, en marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, Narendra Modi et Vladimir Poutine avaient déjà passé en revue leur coopération dans les domaines politique, économique, énergétique, spatial, de la défense et de la mobilité.

Leur nouvel entretien à New Delhi devrait permettre d’approfondir plusieurs de ces dossiers.

 

Xi Jinping : une visite très observée

La présence de Xi Jinping constituera un autre temps fort du sommet.

Les relations entre l’Inde et la Chine se sont fortement détériorées après les affrontements frontaliers de 2020, qui avaient fait des victimes des deux côtés.

Depuis, les deux pays ont progressivement rétabli certains mécanismes de dialogue, mais les principaux contentieux demeurent : frontière himalayenne contestée, rivalité stratégique, déficit commercial indien vis-à-vis de la Chine et méfiance politique persistante.

Une rencontre entre Narendra Modi et Xi Jinping en marge du sommet serait donc particulièrement suivie.

Les BRICS offrent aux deux géants asiatiques une plateforme permettant de maintenir un dialogue malgré leurs divergences bilatérales.

Pour New Delhi, l’équation reste néanmoins délicate : améliorer ses relations avec Pékin tout en poursuivant son rapprochement avec les États-Unis, l’Europe et plusieurs partenaires asiatiques.

 

L’Iran et le Moyen-Orient, principal test de cohésion

 

Si le programme officiel du sommet met l’accent sur la résilience, l’innovation, la coopération et la durabilité, la situation au Moyen-Orient devrait largement dominer les discussions politiques.

L’Iran est désormais membre à part entière des BRICS, tout comme les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite.

Or ces pays ne partagent pas nécessairement les mêmes intérêts ni les mêmes positions sur les conflits régionaux.

La présence du président iranien Masoud Pezeshkian devrait renforcer encore le poids de ce dossier dans les débats.

Pour les BRICS, l’enjeu sera de parvenir à une formulation commune suffisamment acceptable par tous les membres pour figurer dans la déclaration finale.

C’est loin d’être acquis.

L’élargissement du groupe a considérablement accru son poids économique et démographique, mais il a également multiplié les divergences internes.

Les BRICS fonctionnant largement par consensus, chaque crise internationale peut devenir un test de leur capacité à présenter une position commune.

L’Ukraine reste également à l’agenda

 

La guerre en Ukraine constituera l’autre grand dossier international.

 

L’Inde entretient depuis longtemps une relation stratégique étroite avec la Russie, notamment dans les secteurs de la défense et de l’énergie.

Elle a cependant cherché à conserver une position équilibrée, en maintenant le dialogue avec Kyiv ainsi qu’avec les États-Unis et les pays européens.

New Delhi continue de défendre officiellement le recours au dialogue et à la diplomatie pour parvenir à une résolution des conflits.

Cette approche permet à l’Inde de préserver simultanément ses relations avec Moscou et ses partenariats occidentaux.

Le même exercice d’équilibre vaut au Moyen-Orient, où l’Inde entretient des relations importantes avec l’Iran, Israël et les pays du Golfe.

Énergie et sécurité économique

Les conflits actuels auront également une dimension économique directe lors du sommet.

Les perturbations au Moyen-Orient ont accru les inquiétudes concernant les approvisionnements énergétiques et le commerce maritime.

Pour l’Inde et la Chine, deux des plus grands importateurs d’énergie au monde, la stabilité des routes maritimes et des marchés pétroliers constitue un enjeu majeur.

Dans ce contexte, les relations énergétiques entre l’Inde et la Russie ont pris encore davantage d’importance ces dernières années.

La sécurité des chaînes d’approvisionnement, l’accès aux matières premières et la stabilité des marchés énergétiques devraient ainsi occuper une place importante dans les discussions économiques du sommet.

 

Un groupe devenu beaucoup plus puissant

 

Les BRICS réunissent désormais onze pays : le Brésil, la Chine, l’Égypte, l’Éthiopie, l’Inde, l’Indonésie, l’Iran, la Russie, l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud et les Émirats arabes unis.

Ensemble, ils représentent environ la moitié de la population mondiale, près de 40 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat et plus d’un quart du commerce international.

Cette montée en puissance explique l’attention accordée au sommet de New Delhi.

Mais elle soulève également une question fondamentale : le poids économique et démographique des BRICS peut-il être transformé en véritable capacité d’action collective ?

 

Plus les BRICS s’élargissent, plus le consensus devient difficile

 

C’est précisément le paradoxe auquel l’Inde sera confrontée.

L’élargissement a donné au groupe une influence beaucoup plus importante sur la scène internationale, mais il a également rendu sa cohésion plus complexe.

La Chine et l’Inde demeurent concurrentes sur plusieurs dossiers stratégiques. L’Iran, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont leurs propres priorités régionales. La Russie est engagée dans une confrontation durable avec les puissances occidentales, tandis que plusieurs autres membres entretiennent des liens économiques très étroits avec Washington et l’Europe.

Le sommet de New Delhi devra donc démontrer que cette diversité peut constituer une force plutôt qu’un facteur de paralysie.

Pour Narendra Modi, l’objectif sera de présenter les BRICS comme une plateforme de coopération du Sud global et non comme un simple bloc opposé à l’Occident.

Pour Vladimir Poutine, Xi Jinping et Masoud Pezeshkian, le sommet constituera également une occasion de défendre leurs priorités géopolitiques.

Et pour l’ensemble du groupe, le véritable défi sera de montrer qu’il peut aller au-delà des déclarations politiques.

Entre aviation civile, énergie, commerce, Ukraine, Moyen-Orient, relations Inde–Chine et réforme de l’ordre mondial, le sommet des 12 et 13 septembre devrait ainsi être l’un des rendez-vous diplomatiques les plus importants de l’année.

New Delhi accueillera des dirigeants représentant une part considérable de la population et de l’économie mondiales. Reste à savoir s’ils pourront transformer cette puissance collective en décisions communes.