Le vendredi 19 juin 2026, Navin Ramgoolam a pris la parole à l'Assemblée nationale pendant près de deux heures. Résultat : un Budget 2026-2027 taillé dans la rigueur, mais à visage humain. Pourtant, ce Budget n'est pas encore loi. Il doit d'abord franchir plusieurs étapes parlementaires avant d'entrer en vigueur.
Ce projet de loi, appelé l'Appropriation Bill No. IX of 2026, reprend son débat ce lundi 22 juin à l'Assemblée nationale. Les parlementaires vont l'examiner, le questionner, puis le voter — roupie par roupie, ministère par ministère. Ce n'est qu'après ce long processus que le Budget deviendra officiellement la loi de la République.
Sur le fond, le Premier ministre Navin Ramgoolam a rappelé que son gouvernement a hérité d'une situation difficile : un déficit de 9,3 % du PIB et une dette publique frôlant les 90 %. Son objectif pour 2026-2027 est ambitieux : ramener ce déficit à 3,7 % tout en protégeant les Mauriciens les plus vulnérables.
Concrètement, l'État va intervenir directement sur les prix des produits essentiels en rayons dès le 1er juillet. Un projet baptisé 25by35 vise à produire localement 25 % des besoins alimentaires du pays d'ici 2035. Pour l'eau, Rs 6,4 milliards sont alloués, avec le début des travaux du barrage de la Rivière des Anguilles. Des subventions accompagneront également les ménages pour installer des panneaux solaires.
Du côté de l'éducation et de la santé, le budget éducatif augmente de Rs 2,6 milliards, 2 220 professionnels de santé seront recrutés, et Rs 1,5 milliard sera investi dans la modernisation des hôpitaux.
Pour l'avenir économique, 50 000 Mauriciens seront formés à l'intelligence artificielle, un Golden Visa attirera les grands investisseurs technologiques, et une stratégie nationale Fintech 2026-2030 sera finalisée.
Le Premier ministre l'a dit lui-même : « The future depends on what we do in the present. » Les semaines qui viennent diront si l'Assemblée nationale partage cette vision.