Le Conseil des ministres a donné son accord à la levée de l’interdiction du stockage de bunker fuel dans les cales à poisson à bord de navires de pêche étrangers, licenciés ou non licenciés, notamment les longliners faisant escale à Port-Louis.
Cette décision intervient dans un contexte où plusieurs navires de pêche étrangers avaient déplacé leurs opérations vers des ports concurrents de la région, où ce type de stockage est autorisé.
Selon les éléments présentés au Cabinet, cette situation avait entraîné une baisse substantielle du nombre de demandes ainsi que des licences de pêche délivrées par le ministère de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et des Pêches.
La levée de l’interdiction sera toutefois assortie de contrôles renforcés afin de limiter les risques liés à cette pratique.
Les navires concernés devront notamment détenir des certificats valides de navigabilité et de sécurité délivrés par leur État du pavillon. Pour les navires de pêche étrangers licenciés, ces documents seront vérifiés par le ministère de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et des Pêches.
Avant la délivrance d’une licence de pêche, les navires devront également être inspectés par les officiers du ministère afin de vérifier leur conformité aux exigences de sécurité et aux normes sanitaires applicables.
Autre condition imposée : les navires devront disposer d’une assurance Protection and Indemnity valide, avec une couverture minimale de 5 millions de dollars américains, comprenant notamment une sous-limite d’au moins 2 millions de dollars pour les risques liés à l’enlèvement d’épaves, à la pollution pétrolière et aux incendies.
Les navires devront aussi se conformer à l’ensemble des législations nationales et conventions internationales applicables en matière de prévention de la pollution marine, de sécurité maritime et de gestion des pêches.
Par ailleurs, les cales à poisson devront être entièrement vidées et soigneusement nettoyées avant tout nouveau stockage de poisson.
Le gouvernement prévient que tout opérateur qui enfreindra ces conditions ou sera reconnu responsable d’un cas de pollution résultant d’une négligence s’exposera à des sanctions sévères. Sa licence de pêche pourra être annulée, et il pourra également se voir refuser à l’avenir l’accès aux zones de pêche mauriciennes ainsi qu’au port.
Afin de veiller au respect de ces nouvelles dispositions, un Memorandum of Understanding devrait être signé entre le ministère de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et des Pêches, le ministère de l’Environnement, de la Gestion des déchets solides et du Changement climatique, le ministère de la Santé et du Bien-être ainsi que la Mauritius Ports Authority.