Le capitaine Ibrahim Traoré a affirmé que le Burkina Faso devait « oublier la démocratie », estimant que ce modèle n’était pas adapté à la situation actuelle du pays, en proie à une insécurité persistante. Cette déclaration, largement reprise par la presse internationale, s’inscrit dans une ligne de plus en plus critique des autorités militaires envers les systèmes politiques occidentaux.
Arrivé au pouvoir après le coup d’État de septembre 2022, Ibrahim Traoré justifie cette position par l’urgence sécuritaire. Selon plusieurs médias, près de 40 % du territoire burkinabè échappe encore au contrôle de l’État, sous la menace de groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Des milliers de civils ont été tués et plus de deux millions de personnes déplacées internes ont été recensées.
Dans ce contexte, la junte privilégie une approche centrée sur la reconquête du territoire et le renforcement des capacités militaires, notamment à travers le recrutement de volontaires pour la défense de la patrie. Parallèlement, le régime a renforcé son discours souverainiste et réduit sa coopération militaire avec certains partenaires occidentaux, tout en se rapprochant de nouveaux alliés, notamment la Russie.
Ces prises de position inquiètent la communauté internationale. Des organisations régionales comme la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest ainsi que plusieurs partenaires étrangers appellent au respect du calendrier de transition et à un retour rapide à un pouvoir civil. Toutefois, les autorités burkinabè maintiennent que la sécurité reste une condition préalable à toute évolution politique.
Sur le terrain, la situation demeure volatile et les perspectives d’un retour à la démocratie restent incertaines à court terme.