Le 2 avril 2026, un rapport de Human Rights Watch révèle que plus de 1 800 civils ont été tués au Burkina Faso depuis l’arrivée au pouvoir de la junte militaire en 2022, dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré. Les violences, attribuées à la fois aux forces gouvernementales, à leurs milices alliées et aux groupes jihadistes, se sont intensifiées dans plusieurs régions du pays.
Selon le rapport, basé sur des centaines de témoignages et des analyses d’images satellites, au moins 1 800 civils ont été tués entre 2023 et 2025 dans 57 incidents documentés, un chiffre considéré comme une estimation minimale. Une grande partie des victimes aurait été tuée par les forces de sécurité et des groupes paramilitaires pro-gouvernementaux, notamment les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).
Le rapport évoque également des accusations graves, dont des actes pouvant être qualifiés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Certaines communautés, en particulier les Peuls, auraient été spécifiquement ciblées dans des opérations assimilées à du « nettoyage ethnique ». Des massacres de grande ampleur ont été documentés, dont certains ayant fait plusieurs centaines de victimes en une seule opération.
Parallèlement, les groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique poursuivent leurs attaques contre les civils et les forces de sécurité, contribuant à une insécurité généralisée dans la région du Sahel. Le conflit a également provoqué le déplacement de plus de deux millions de personnes à l’intérieur du pays.
Malgré les engagements des autorités militaires à rétablir la sécurité, les observateurs internationaux estiment que la situation reste critique, marquée par une violence persistante et une absence de reddition de comptes pour les exactions commises par les différentes parties au conflit.