La décision de la Confédération africaine de football (CAF) d’attribuer le titre de la CAN 2025 au Maroc continue de susciter une vive controverse. Donné vainqueur à l’issue du match, le Sénégal a finalement été déchu de son sacre à la suite d’une décision administrative, dont les contours restent flous. Une situation qui pourrait désormais se régler devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS).
Du côté sénégalais, la ligne de défense repose sur un principe fondamental du football : le résultat validé sur le terrain par l’arbitre est définitif. Un argument soutenu par l’ancien arbitre au TAS, Raymond Hack, qui rappelle que « lorsque l’arbitre siffle la fin du match, le résultat est entériné et ne peut être remis en cause par des éléments antérieurs ».
Malgré cela, la CAF a officiellement désigné le Maroc comme champion d’Afrique 2025, déclenchant incompréhension et critiques au sein de la communauté sportive. Plusieurs observateurs dénoncent une décision prise en dehors du terrain, alimentant les soupçons de manque de transparence dans la gouvernance du football africain.
La réaction de l’entraîneur de Manchester City, Pep Guardiola, illustre ce malaise. « C’est une surprise… Je ne connais pas les raisons. Mais ce sont des décisions prises en coulisses. Ce que l’on voit n’est pas toujours la réalité », a-t-il déclaré, soulignant un sentiment partagé bien au-delà du continent africain.
Mais l’affaire prend désormais une dimension inattendue. En Guinée, certaines voix s’appuient sur cette décision pour raviver un épisode historique : celui de la CAN 1976. À l’époque, la compétition s’était jouée sous la forme d’un groupe final de quatre équipes, sans finale directe. Le Maroc avait terminé en tête, devant la Guinée, après un match nul (1-1) lors de la dernière rencontre décisive.
Si ce format avait été validé à l’époque, certains observateurs guinéens estiment aujourd’hui que les circonstances entourant cette édition pourraient, à la lumière de la décision actuelle de la CAF, faire l’objet d’une relecture. En filigrane, une question : si un titre peut être réattribué administrativement en 2025, pourquoi des situations contestées du passé ne pourraient-elles pas être réexaminées ?
Pour l’heure, aucune procédure officielle n’a été engagée par la Guinée. Mais cette prise de position souligne les implications potentielles d’un précédent qui pourrait fragiliser l’intangibilité des résultats sportifs.
Le Sénégal, de son côté, envisage sérieusement un recours devant le TAS. Une décision qui pourrait non seulement remettre en cause l’issue de la CAN 2025, mais aussi poser un principe juridique majeur pour l’ensemble des compétitions internationales.
Au-delà de cette affaire, c’est la crédibilité des instances dirigeantes du football africain qui se retrouve aujourd’hui interrogée. Entre décisions administratives, interprétations réglementaires et pression médiatique, la CAF fait face à une crise de confiance dont les répercussions pourraient dépasser largement le cadre de cette édition.
Le dossier est désormais loin d’être clos. Et ses conséquences pourraient marquer durablement l’histoire du football africain.