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Keshinee: Le 14/08/2026 à 08:25 | MAJ à 14/08/2026 à 08:26
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Carburant
Publié : Le 14/08/2026 à 08:25 | MAJ à 14/08/2026 à 08:26
Par : Dooshina Appigadu

Le Petroleum Pricing Committee (PPC) se réunit ce vendredi 14 août pour revoir les prix de l’essence et du diesel. Et cette fois, le risque d’une nouvelle hausse ne peut pas être écarté.

À Maurice, les prix sont inchangés depuis le 16 avril. L’essence coûte actuellement Rs 64,25 le litre et le diesel Rs 71,25. Quatre mois plus tard, plusieurs indicateurs restent défavorables.

D’abord, les cours internationaux du pétrole. Le Brent a connu de très fortes fluctuations ces dernières semaines, sur fond de tensions persistantes au Moyen-Orient et autour du détroit d’Ormuz. Après avoir dépassé les 100 dollars le baril le 23 juillet, il est retombé avant de repartir à la hausse ces derniers jours. Ce jeudi 13 août, le Brent évoluait autour de 87 à 89 dollars le baril.

Cette détente observée aujourd’hui est donc une bonne nouvelle, mais elle arrive probablement trop tard pour effacer les fortes hausses enregistrées au cours de la période prise en compte par le mécanisme de fixation des prix.

Autre élément particulièrement important : le coût du transport du carburant vers Maurice.

Selon les informations recueillies auprès de la State Trading Corporation (STC), plusieurs cargaisons ont été importées depuis avril dans des conditions beaucoup plus coûteuses. Le coût du fret pour une cargaison serait passé d’environ 23 millions de dollars à près de 50 millions, avec un pic qui aurait atteint 62 millions de dollars. Une partie de cette augmentation a jusqu’ici été absorbée afin d'éviter qu'elle ne soit immédiatement répercutée sur les automobilistes.

Mais cette stratégie a un coût.

Le Price Stabilisation Account (PSA), le fonds utilisé pour amortir les variations des prix, est déjà lourdement déficitaire. En avril, la STC faisait officiellement état d'un déficit estimé à environ Rs 3,2 milliards. Selon les dernières indications obtenues, ce déficit tournerait désormais autour de Rs 3,6 milliards.

Et c'est probablement l'un des éléments déterminants de la réunion de ce vendredi.

Car lorsque le prix calculé est supérieur au prix payé à la pompe et que le Price Stabilisation Account ne dispose pas des ressources nécessaires pour absorber la différence, la marge de manœuvre devient beaucoup plus limitée. Le mécanisme prévoit notamment qu'une augmentation puisse être appliquée lorsque l'écart dépasse 4 %, avec un plafond de 10 % lors d'un exercice de révision selon les conditions prévues par la réglementation.

Il existe néanmoins un facteur légèrement favorable : la roupie.

Le taux de référence utilisé par le PPC en avril était d'environ Rs 46,70 pour un dollar américain. Ce jeudi, les données de la Banque de Maurice indiquaient un taux TT d'environ Rs 46,44 pour un dollar. La monnaie mauricienne ne s'est donc pas fortement détériorée par rapport au dollar depuis la précédente révision, ce qui permet d'atténuer quelque peu la facture des importations.

Alors, hausse, baisse ou statu quo ?

Sur la base des données disponibles, une baisse paraît aujourd'hui difficile à envisager.

Le véritable choix pourrait plutôt se situer entre le maintien des prix et une nouvelle augmentation.

Et compte tenu du déficit du Price Stabilisation Account, des coûts exceptionnels du fret et des prix élevés enregistrés sur les marchés pétroliers au cours des derniers mois, le risque d'une hausse est bien réel.

Le verdict est attendu ce vendredi.

Une décision particulièrement surveillée, car une nouvelle hausse du prix des carburants notamment ne toucherait pas uniquement les automobilistes : elle pourrait également augmenter les coûts du transport et de la distribution, avec des répercussions possibles sur le coût de la vie.

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