Face à l’augmentation du nombre de personnes dépendantes à la drogue, les centres de réhabilitation peinent à répondre à une demande en constante hausse. Le manque d’infrastructures limite leur capacité d’accueil, contraignant parfois à retarder des prises en charge urgentes.
Le déficit de financement constitue un frein majeur, empêchant l’agrandissement des structures et l’amélioration des conditions d’accueil. À cela s’ajoute une pénurie de médicaments essentiels, compliquant le processus de désintoxication et le suivi des patients.
Le secteur souffre également d’un manque de personnel qualifié, peu de jeunes étant attirés par ce métier exigeant et faiblement rémunéré. Malgré leur engagement, les responsables pointent un autre obstacle : l’absence de soutien familial, qui favorise les rechutes et rend parfois vains les efforts engagés.
Selon Heeresh, le centre ne peut accueillir qu’une douzaine de patients, faute d’infrastructures. L’agrandissement reste coûteux et demandera davantage de main-d’œuvre, engendrant des frais importants. Ancien toxicomane, il souligne aussi le manque d’intérêt pour ce métier, souvent payé au minimum, malgré son importance humaine.
Pour Imran Dhannoo, le manque de médicaments adaptés inquiète. Certains patients dépendants à l’héroïne refusent la méthadone. Autrefois disponibles, des traitements efficaces ont disparu ou ne sont plus distribués, compliquant la prise en charge et fragilisant les parcours de réhabilitation.
Meydesy Sophie alerte sur le manque d’accompagnement familial. Trop souvent, les patients sont abandonnés après leur prise en charge. Sans soutien ni encadrement, certains rechutent, réduisant à néant des semaines, voire des mois d’efforts et d’investissement dans leur réhabilitation.
Face à ces défis, les centres de réhabilitation restent en première ligne, malgré des moyens limités. Une mobilisation collective, incluant familles et autorités, apparaît essentielle pour briser le cycle des rechutes.