Au Parlement, le ministre Ashok Subron a livré une intervention marquante en faveur du Certificate of Character Bill, présenté comme une avancée sociale majeure pour Maurice. Ce projet de loi vise à corriger une pratique jugée discriminatoire, dont les racines remontent à l’époque coloniale, où les travailleurs devaient prouver leur « moralité » pour accéder à l’emploi.
Dans son discours, le ministre a dénoncé un système historiquement biaisé contre les classes populaires, soulignant que de nombreuses personnes ont été privées d’opportunités professionnelles en raison de mentions anciennes sur leur certificat, malgré avoir déjà purgé leur peine. Il a insisté sur le fait qu’une condamnation ne doit pas se transformer en une exclusion permanente de la société.
Le projet de loi introduit plusieurs changements clés. Il supprime d’abord la possibilité pour un employeur de demander directement un certificat au nom d’un employé, mettant fin à une pratique jugée déséquilibrée. Ensuite, il interdit toute discrimination à l’embauche lorsque les infractions mentionnées ne sont pas liées au poste concerné. Enfin, il limite les informations figurant sur le certificat, excluant notamment les infractions mineures, dans un souci de dignité humaine.
Au-delà des aspects juridiques, cette réforme s’inscrit dans une volonté plus large de favoriser la réinsertion sociale. Pour le ministre, il s’agit d’un pas important vers une société plus équitable, où les erreurs du passé ne condamnent pas définitivement l’avenir des individus.