La démission de Paul Bérenger du poste de Deputy Prime Minister suscite de vives réactions sur la scène politique. Le leader d’En Avant Moris, Patrick Belcourt, n’a pas caché son émotion face à ce qu’il qualifie de « naufrage ».
« C’est avec un profond serrement de cœur que j’observe ce naufrage », confie-t-il. Il dit ressentir « une grande tristesse », à la fois pour « les militants de la première heure » et pour Paul Bérenger lui-même, qu’il décrit comme « un leader historique » et « un monument de la vie politique mauricienne ».
Pour Patrick Belcourt, la situation actuelle traduit « l’effondrement brutal de toute une époque ». Il estime que le départ de Paul Bérenger s’inscrit dans une logique de fin de cycle politique.
Le leader d’En Avant Moris évoque sans détour une « fin de règne ». Selon lui, « il faut savoir partir au sommet », critiquant une longévité de plus de trente ans à la tête d’un parti politique.
« S’accrocher aussi longtemps dépasse les principes démocratiques », affirme-t-il. Patrick Belcourt pointe également l’absence de préparation de la relève, qu’il considère comme une cause majeure de la crise actuelle. « Lorsqu’un leader ne prépare pas sa succession, ce type de situation devient presque inévitable. Dans toute organisation sérieuse, assurer la relève est un devoir », souligne-t-il.
Malgré ce constat sévère, Patrick Belcourt n’exclut pas un rebond de Paul Bérenger. « Il n’a pas encore dit son dernier mot », avance-t-il, estimant que l’homme politique « a encore des ressources », même affaibli.
Au-delà des tensions internes, Patrick Belcourt insiste sur ce qu’il considère comme l’enjeu principal : les accusations de « magouilles » au sein du gouvernement, évoquées par Paul Bérenger lui-même.
« C’est là que se situe l’essentiel. Plus vite la vérité éclatera, mieux ce sera pour un pays qui semble aujourd’hui s’égarer », souligne-t-il.