Le gouvernement britannique dirigé par Sir Keir Starmer a subi une série de quatre défaites majeures à la Chambre des Lords, dans le cadre du projet de loi portant sur le transfert de la souveraineté des îles Chagos à Maurice.
Ces revers parlementaires viennent fragiliser un accord déjà politiquement sensible et relancent le débat sur ses implications stratégiques, financières et humaines.
Le texte prévoit que le Royaume-Uni cède la souveraineté de l’archipel des Chagos à Maurice, incluant Diego Garcia, îlot stratégique abritant une importante base militaire conjointe britannico-américaine.
Dans le cadre de l’accord, Londres envisage de relouer Diego Garcia pour une durée de 99 ans, moyennant le versement d’une redevance annuelle à Maurice.
Quatre amendements adoptés contre l’avis du gouvernement
Lors de l’examen du texte, les Lords ont adopté quatre amendements clés, tous rejetés par l’exécutif :
- Suspension des paiements en cas d’inutilisation de la base
Un amendement impose l’arrêt des paiements à Maurice si la base de Diego Garcia cessait d’être opérationnelle, une mesure visant à protéger les intérêts stratégiques britanniques.
2. Référendum parmi les Chagossiens au Royaume-Uni
À l’initiative des Libéraux-démocrates, un amendement prévoit l’organisation d’un référendum consultatif auprès des Chagossiens vivant au Royaume-Uni afin de valider l’accord.
3. Transparence sur les coûts financiers
Les Conservateurs ont obtenu l’adoption d’un amendement obligeant le gouvernement à publier les coûts détaillés liés aux paiements versés à Maurice dans le cadre du traité.
4. Contrôle parlementaire renforcé
Un autre amendement confère au Parlement un droit de regard sur les dépenses, avec la possibilité de bloquer les paiements si les termes de l’accord ne sont pas respectés.
Le gouvernement britannique a toutefois réussi à faire rejeter un amendement exigeant que la cession des îles soit conditionnée à un référendum favorable de la majorité des Chagossiens.
Une ligne rouge que l’exécutif refusait de franchir.
À la suite de ces votes, le projet de loi est désormais renvoyé à la Chambre des Communes, où le gouvernement tentera de supprimer ou modifier les amendements imposés par les Lords. Une nouvelle bataille parlementaire s’annonce.
Si ces défaites ne constituent pas un rejet du principe de restitution des Chagos à Maurice, elles ralentissent et complexifient considérablement le processus.
Londres reste politiquement engagé sur la voie de la rétrocession, mais l’accord devient désormais : plus encadré, plus scruté financièrement, et plus politiquement sensible.
Pour Maurice, la souveraineté sur l’archipel demeure à portée de main, mais le calendrier, tout comme les modalités financières, pourraient faire l’objet de renégociations plus strictes dans un contexte parlementaire britannique de plus en plus tendu.