Selon des informations publiées par le quotidien britannique The Telegraph, la Maison-Blanche envisagerait la possibilité de contourner Londres afin de négocier directement avec Maurice un accord portant sur l’archipel des Chagos. L’objectif évoqué serait d’aboutir à un arrangement bilatéral avec Maurice pour l’acquisition ou le contrôle stratégique de Diego Garcia, site hautement sensible au cœur de l’océan Indien.
Toujours selon le journal britannique, des responsables américains auraient déjà esquissé une proposition en ce sens, ouvrant la voie à des discussions directes avec les autorités mauriciennes. Une hypothèse qui, si elle venait à se confirmer, bouleverserait l’équilibre diplomatique d’un dossier historiquement dominé par le bras de fer entre Maurice et le Royaume-Uni.
Cette publication intervient dans un contexte déjà chargé, où certains observateurs s’interrogent sur l’émergence récurrente d’articles dans une partie de la presse britannique, perçus par certains comme susceptibles d’influencer ou de fragiliser le processus en cours autour du retour de la souveraineté des Chagos à Maurice.
L’Attorney General, Me Gavin Glover, a tenu à recadrer le débat. Les autorités mauriciennes affirment n’avoir reçu, à ce stade, aucune proposition formelle des États-Unis concernant un quelconque accord séparé sur Diego Garcia ou l’archipel des Chagos. Une position qui vise à ramener le dossier dans le champ strict des faits vérifiables.
Du côté des vérifications internationales, l’incertitude demeure. L’agence Reuters précise n’avoir pas été en mesure de confirmer indépendamment les affirmations avancées par The Telegraph, laissant planer le doute sur la fiabilité des informations publiées.
Sollicité sur la question, le leader du Groupe Réfugiés Chagos, Olivier Bancoult, adopte une posture prudente. Il indique ne pas pouvoir confirmer ni infirmer le contenu de l'article et refuse toute spéculation en l’absence d’éléments officiels.
Ce nouvel épisode ravive également des souvenirs politiques récents. L’an dernier, lors d’une conférence de presse, l’ancien Deputy Prime Minister Paul Bérenger avait déjà été interrogé sur des révélations similaires publiées dans la presse britannique. À l’époque, certains articles évoquaient les coûts potentiels d’un transfert de souveraineté des Chagos à Maurice, chiffrés jusqu’à 35 milliards de livres sterling.
Réagissant fermement, Paul Bérenger avait dénoncé ce qu’il qualifiait de campagne persistante orchestrée par une frange de la droite britannique. « Pas prêt tro atansion ar la pres drwat », avait-il lancé, rejetant toute tentative d’influence médiatique sur un dossier qu’il jugeait hautement stratégique.
Dans ce climat de spéculations, le dossier des Chagos demeure plus que jamais sous tension, entre annonces médiatiques, prudence diplomatique et silence stratégique des principales parties concernées.