Le communiqué publié le 18 février 2026 par les États-Unis marque un tournant décisif dans le dossier sensible de l’archipel des Chagos. En apportant un soutien clair, explicite et sans ambiguïté à l’accord conclu entre le Royaume-Uni et Maurice, Washington vient mettre un terme aux spéculations, aux surenchères politiques et à l’hystérie entretenue ces dernières semaines par certains cercles conservateurs britanniques.
Alors que des figures comme Priti Patel ou Nigel Farage ont multiplié les déclarations alarmistes, cherchant à présenter l’accord sur les Chagos comme une menace stratégique majeure, la position officielle américaine rétablit les faits : l’accord est non seulement compatible avec les intérêts sécuritaires occidentaux, mais il en constitue désormais un pilier structurant.
Un message américain sans équivoque
Le communiqué du Département d’État annonce la tenue, du 23 au 25 février à Port-Louis, de discussions bilatérales de haut niveau entre les États-Unis et Maurice, pilotées par le Bureau des affaires politico-militaires, avec une participation inter-agences américaine élargie.
L’objet est clair : assurer la mise en œuvre efficace et pérenne des arrangements de sécurité autour de la base conjointe américano-britannique de Diego Garcia, élément central de la stabilité stratégique dans l’océan Indien.
Washington souligne expressément « l’importance continue de l’archipel des Chagos et de la base conjointe américano-britannique de Diego Garcia pour la sécurité nationale américaine », tout en affirmant son soutien à la décision du Royaume-Uni d’aller de l’avant avec l’accord conclu avec Maurice. Plus encore, les États-Unis réitèrent leur volonté de conclure un accord bilatéral avec Londres afin de garantir l’usage continu des installations militaires dans l’archipel.
Autrement dit, le cœur stratégique de Diego Garcia est sécurisé, validé et consolidé, sans ambiguïté.
La fin d’un faux débat politique
Cette clarification américaine intervient dans un contexte marqué par des contradictions notoires. Après avoir, selon plusieurs sources diplomatiques, validé de vive voix le principe de l’accord lors de son entretien à la Maison-Blanche avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, Donald Trump avait ensuite qualifié publiquement l’accord de « stupidity », fournissant un terrain fertile aux attaques populistes au Royaume-Uni.
Le communiqué du 18 février agit donc comme un réalignement institutionnel majeur : il ne s’agit plus d’une opinion politique fluctuante, mais bien d’une position officielle de l’État américain, engageant l’ensemble de l’appareil de sécurité nationale des États-Unis.
Maurice confortée, Londres désormais face à ses responsabilités
Pour Maurice, cette déclaration constitue une réassurance fondamentale : elle confirme que la restitution de souveraineté sur les Chagos s’inscrit dans un cadre sécurisé, encadré et pleinement compatible avec les intérêts stratégiques des grandes puissances alliées.
Pour le Royaume-Uni, le message est tout aussi clair. Le dernier obstacle politique majeur est levé. Le soutien américain ôte tout fondement crédible aux campagnes de peur et replace la ratification du traité dans une logique de responsabilité historique, juridique et géopolitique.
Le dossier entre désormais dans sa dernière ligne droite à Londres, où il devra être examiné et ratifié. Après la validation diplomatique, stratégique et sécuritaire de Washington, le temps de l’ambiguïté est révolu.
Un reset stratégique assumé
En confirmant son appui à l’accord et en engageant des discussions opérationnelles directes avec Maurice, les États-Unis remettent le processus « back on track », scellant un consensus stratégique tripartite entre Washington, Londres et Port-Louis.
Loin des cris d’orfraie et des calculs politiciens, le traité sur les Chagos apparaît désormais pour ce qu’il est réellement : un compromis mûri, juridiquement nécessaire et stratégiquement robuste, garantissant à la fois la souveraineté mauricienne et la stabilité sécuritaire de l’océan Indien autour de Diego Garcia.