Une nouvelle zone de turbulence entoure le dossier des Chagos. Selon des informations publiées hier par le quotidien britannique The Telegraph, la Maison-Blanche étudierait la possibilité de conclure un accord direct avec Maurice afin d’acquérir l’archipel des Chagos, contournant ainsi le Royaume-Uni dans ce dossier hautement stratégique.
D’après le journal britannique, des responsables américains auraient élaboré une proposition visant à négocier directement avec Maurice pour prendre le contrôle de Diego Garcia. Ces révélations interviennent dans un contexte déjà tendu autour de la rétrocession des Chagos à Maurice. En avril dernier, le gouvernement britannique avait suspendu son projet d’accord de transfert de souveraineté après des critiques formulées aux États-Unis.
Suite à la publication deThe Telegraph, le Bureau de l’Attorney General, Me Gavin Glover, est rapidement monté au créneau. Dans une réaction officielle, les autorités mauriciennes affirment n’avoir reçu aucune proposition formelle de la part des États-Unis et n’avoir eu aucun contact, direct ou indirect, avec l’administration américaine concernant un éventuel arrangement séparé relatif à Diego Garcia ou à l’archipel des Chagos.
L’information demeure d’ailleurs à prendre avec prudence. L’agence de presse Reuters a indiqué ne pas avoir été en mesure de confirmer indépendamment les affirmations de The Telegraph. Au moment de la publication de ces informations, ni la Maison-Blanche ni le Foreign Office britannique n’avaient répondu aux sollicitations des médias.
Cette nouvelle controverse ravive toutefois les interrogations qui entourent depuis plusieurs mois le dossier chagossien. Par le passé, l’ancien premier ministre adjoint Paul Bérenger avait lui-même mis en garde contre d’éventuelles manœuvres en coulisses, déclarant que « les Anglais ne nous disent pas tout » et craignant de nouveaux obstacles de la part des opposants à la rétrocession des Chagos à Maurice.
Interrogé aujourd’hui sur les révélations de TheTelegraph, Paul Bérenger s’est toutefois montré catégorique, qualifiant ces informations de « conneries » et refusant d’aller plus loin dans ses commentaires.
Même prudence du côté d’Oliver Bancoult, leader du Groupe Réfugiés Chagos. Contacté à ce sujet, il affirme ne pas être en mesure de confirmer ou d’infirmer la véracité de l’article et préfère ne pas spéculer sur des informations qui n’ont, pour l’heure, fait l’objet d’aucune confirmation officielle.
En attendant d’éventuelles clarifications de Washington ou de Londres, ces révélations ajoutent une nouvelle dose d’incertitude à un dossier géopolitique déjà complexe, où se croisent enjeux de souveraineté, intérêts militaires et rivalités diplomatiques.