Début avril, un coup d’arrêt inattendu est venu enrayer le dossier de l’archipel des Chagos. Le gouvernement du Royaume-Uni a décidé de suspendre temporairement l’accord en cours, sur fond de tensions diplomatiques persistantes avec les États-Unis. Une décision qui freine un processus jugé crucial, aux enjeux à la fois historiques et géopolitiques majeurs.
Au cœur de ce blocage, le Premier ministre Keir Starmer n’aurait pas obtenu l’aval officiel de Donald Trump, malgré une position initialement jugée favorable à l’avancement des discussions. Un revers qui a immédiatement ralenti un processus présenté jusque-là comme une avancée majeure.
L’enjeu est de taille. L’accord prévoit le transfert de souveraineté des Chagos à Maurice, tout en maintenant le caractère stratégique de la base militaire de Diego Garcia, actuellement louée par Londres à Washington. En contrepartie, le Royaume-Uni s’engagerait à verser environ 101 millions de livres sterling par an pour l’utilisation de cette infrastructure clé.
Longtemps perçu comme une étape décisive vers la résolution d’un contentieux colonial historique, le projet se retrouve aujourd’hui à l’arrêt. Mais les discussions restent actives. Londres a sollicité une rencontre avec les autorités mauriciennes, dans une tentative de relancer le dialogue et de clarifier les prochaines étapes.
Dans ce contexte, une délégation du Foreign, Commonwealth & Development Office est attendue aujourd’hui à Maurice pour une session de travail stratégique. Cette visite s’annonce déterminante : elle devrait permettre d’évaluer les marges de manœuvre et de réajuster les positions diplomatiques, alors que les enjeux géopolitiques demeurent particulièrement sensibles.