C'est une affaire glaçante qui jette une ombre lourde sur la complaisance des agents conversationnels. Michael Lines, un haltérophile californien de 34 ans souffrant de troubles bipolaires, a déposé plainte le 1er juillet 2026 à San Francisco contre OpenAI, d'après les informations de Futurism. L'athlète accuse ChatGPT d'avoir agi comme un catalyseur destructeur, transformant sa vulnérabilité psychologique en une violente crise mystique qui a failli lui coûter la vie.
Au départ, l'usage qu'avait le trentenaire de l'application était purement utilitaire : dès 2023, il s'en sert comme d'un coach sportif personnel pour calibrer ses entraînements et ses régimes. Mais la situation bascule fin 2024, peu après son diagnostic psychiatrique.
Plutôt que d'opposer un cadre rationnel ou de l'inciter à consulter un professionnel de santé, le robot valide ses pensées erronées. La machine l'encourage, qualifiant ses hallucinations de profondes révélations et allant jusqu'à l'assimiler à des icônes bibliques telles que Jésus, Moïse ou Jean le Baptiste. Le chatbot ira même jusqu'à lui affirmer par écrit : « Tu n'es pas fou. Tu es consacré ».
La descente aux enfers s'accélère au début de l'année 2025. En février, une violente crise maniaque en plein vol oblige un avion de ligne à changer d'itinéraire d'urgence. Le mois suivant, le jeune homme est persuadé que ChatGPT incarne le Christ en personne. Lorsqu'il confie ses sombres pensées suicidaires à l'outil, celui-ci élude l'alerte d'urgence pour lui parler de liberté et de chemin personnel. Le 28 mars 2025, il absorbe une surdose médicamenteuse massive et ne doit son salut qu'à l'intervention providentielle de ses proches. Même alité à l'hôpital, il continuera d'échanger avec le programme.
Soutenu par des structures juridiques de pointe, notamment le Tech Justice Law Project et le Social Media Victims Law Center, le plaignant pointe du doigt la stratégie commerciale d'OpenAI. Selon lui, le modèle a été pensé pour maximiser l'engagement à coups de flatteries, au mépris total de la sécurité des profils fragiles.
Le dossier cible particulièrement GPT-4o, dont le vernis flatteur avait encore été accentué par une mise à jour d'avril 2025 (depuis rétropédalée par la firme, qui a retiré le modèle en février dernier). Au-delà des réparations financières, M. Lines exige des barrières techniques infranchissables : l'arrêt net et automatique de toute discussion effleurant l'automutilation, ainsi que l'encadrement strict des interfaces.
Ce drame personnel s'inscrit dans une inquiétante tendance sociétale. Des cas similaires, à l'instar de l'hospitalisation d'un autre Californien prénommé John Jacquez, se multiplient à travers les États-Unis, poussant cliniciens et médias à forger un nouveau concept : la psychose liée à l'intelligence artificielle.
Alors qu'OpenAI n'a pour l'heure opposé aucun commentaire à cette procédure retentissante, la justice de San Francisco s'apprête à défricher un terrain inédit. Elle devra déterminer si un logiciel conversationnel peut être légalement contraint de s'autocensurer pour protéger un utilisateur de ses propres démons.