La présence grandissante de chiens errants à Maurice prend des proportions inquiétantes. Ce qui relevait autrefois d’un problème récurrent est désormais perçu par plusieurs acteurs comme une véritable crise nationale, avec des conséquences visibles dans les rues, les champs de canne, mais aussi sur les plages fréquentées par les familles et les pêcheurs.
Cette semaine , un habitant d’Albion a été attaqué par des chiens errants sur la plage. Un incident qui a ravivé les inquiétudes des riverains et des usagers de cette zone côtière.
À la suite de cette attaque, la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW) a mené des opérations de capture sur place. Les équipes ont alors constaté une forte présence de chiens errants, notamment dans trois zones considérées comme particulièrement sensibles : les abords des Garde-Côtes, les toilettes publiques et le débarcadère des pêcheurs.
Les chiens capturés seront stérilisés par la MSAW, qui poursuit déjà ses campagnes de stérilisation à travers l’île. Ils devraient ensuite être transférés vers des espaces d’habitat naturel déjà identifiés, notamment à Riche Lieu et à Mare-Chicose. Chaque site pourrait accueillir jusqu’à 350 chiens.
Mais pour Meera Appadoo, militante engagée dans la cause animale depuis plus de quinze ans, cette situation était prévisible. Selon elle, Maurice paie aujourd’hui le prix de l’absence d’une véritable politique de stérilisation de masse.
« À Maurice, des décisions sont prises sans compréhension réelle de la situation. Il n’y a aucune étude démographique, aucune base scientifique solide pour mettre en place des solutions efficaces », affirme Meera Appadoo.
Elle soutient que de nouveaux chiens apparaissent désormais sur presque toutes les plages de l’île, ainsi que dans les champs de canne. Selon elle, certains propriétaires choisissent l’abandon, jugé plus simple que les démarches administratives liées à l’enregistrement et à la stérilisation.
« Ce sont des réalités mauriciennes qu’il faut prendre en considération avant de mettre une décision en place », martèle l’activiste.