Ils sont 51 945 travailleurs étrangers à Maurice, selon les chiffres officiels au 31 mai 2026 : 46 312 hommes et 5 633 femmes. Venus principalement d’Inde, du Népal, de Madagascar et du Bangladesh, ils travaillent surtout dans la construction, le commerce, l’agriculture et l’hôtellerie.
Une main-d’œuvre incontournable pour l’économie, mais qui pose aussi la question de la cohabitation avec la population locale. Intégration, sécurité, respect mutuel : comment préserver le vivre-ensemble ?
Un débat relancé par les récents incidents à Sable Noir, où des habitants disent ne plus se sentir en sécurité. Le climat s’est davantage tendu depuis le décès d’Adam Stephen Jarome Dubois, le 16 août, alors que des allégations impliquant des travailleurs étrangers entourent les circonstances de sa mort.
Mais faut-il voir dans ces incidents isolés le signe d’un problème plus profond ? Pour le sociologue Rajen Suntoo, la situation mérite vigilance. Il note une différence entre les travailleurs étrangers d’hier et ceux d’aujourd’hui. Les accueillir, oui, mais en veillant à prévenir les dérapages.
Une cohabitation qui se construit aussi des deux côtés. Pour Jane Ragoo, secrétaire générale et porte-parole de la CTSP, il faut mieux encadrer les travailleurs étrangers, tout en sensibilisant les Mauriciens à la manière de les accueillir.
Du côté du gouvernement, l’objectif est justement d’agir en amont. Le ministre du Travail, Reza Uteem, avait annoncé le recrutement d’un consultant pour évaluer l’impact socio-économique des travailleurs étrangers et prévenir tout sentiment de rejet ou toute dérive xénophobe.