Aller au contenu principal
Accueil
Shane: Le 26/02/2026 à 07:49 | MAJ à 26/02/2026 à 08:05
Main picture
Publié : Le 26/02/2026 à 07:49 | MAJ à 26/02/2026 à 08:05
Par : Dooshina Appigadu

Une correspondance formelle adressée au comité interne de lanceurs d’alerte de la Mauritius Commercial Bank (MCB) met en cause la gestion d’une procédure disciplinaire ayant conduit au licenciement de Deepshikha Gowreesunker. Le document, daté du 25 février 2026, évoque des pressions internes et des incohérences dans le processus décisionnel.

Selon ce document, l’affaire débute en décembre 2024 par une demande d’enquête visant l’employée concernée. Le dossier n’aurait toutefois pas été traité en priorité dans un premier temps.

En mars 2025, la situation change brusquement : le dossier est déclaré urgent et une lettre de suspension est émise. Pourtant, selon le document, l’enquêteur principal aurait estimé, après un premier examen, que les allégations ne présentaient pas un caractère particulièrement grave.

Au fil des réunions tenues en avril et mai 2025, les discussions internes au département des Ressources humaines auraient laissé entendre qu’aucune violation claire des politiques internes n’avait été établie. Une recommandation de « no further action » (absence de suite disciplinaire) aurait même été envisagée.

Le document fait état d’un tournant en août 2025. Des membres de l’équipe d’enquête auraient exprimé un malaise, évoquant des pressions pour orienter le dossier dans une direction différente de l’évaluation initiale.

Un comité disciplinaire est finalement constitué, alors même que, selon les échanges internes mentionnés, aucune infraction formelle aux règles de la banque n’avait été clairement identifiée. L’enquêteur principal, qui aurait recommandé l’absence de sanction, n’aurait pas été intégré au comité disciplinaire, une décision perçue en interne comme inhabituelle.

Le signalement évoque également des instructions transmises au sein des Ressources humaines, qui auraient influencé le traitement du dossier. Il fait mention d’un climat de pression ressenti par certains membres de l’équipe.

Le document rapporte par ailleurs que la décision de ne pas maintenir l’employée au sein de l’institution aurait été présentée en interne comme une décision « de la Banque », sans clarification précise sur l’organe décisionnaire.

Le nom d’un haut cadre de la Banque est mentionné comme étant fréquemment cité dans les discussions internes en lien avec cette décision. Le document précise toutefois que certaines informations, notamment quant à une éventuelle implication de la direction générale, reposent uniquement sur des déclarations attribuées et n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Un élément particulièrement sensible du signalement concerne la conclusion du comité disciplinaire. Selon le document, le président du comité aurait estimé que les charges retenues ne tenaient pas. Malgré cela, le contrat de travail de Deepshikha Gowreesunker a été résilié.

L’auteur du signalement indique agir « sans malice » et dans un souci d’intégrité institutionnelle et de bonne gouvernance. Il demande qu’un examen urgent, indépendant et approfondi soit mené sur la gestion de ce dossier, ainsi que des garanties de protection pour les personnes ayant pu subir des pressions.