Près de treize ans après une altercation mortelle entre deux frères, la Cour suprême vient de remettre en cause la manière dont la légitime défense avait été appréciée en première instance. Dans un jugement rendu ce mercredi 23 septembre 2026, elle a annulé la condamnation de Rajmohun Lutchmun, qui avait écopé de quatre ans de servitude pénale pour avoir infligé à son frère des coups ayant entraîné sa mort. Les juges rappellent un principe essentiel : face à un danger imminent, une personne n’a pas à attendre de recevoir le premier coup avant de se défendre.
Les faits se sont produits le 28 novembre 2013, vers 20 h 30. Selon la version de Rajmohun Lutchmun reprise dans le jugement, son frère Beejendra Lutchmun s’était présenté à son domicile muni d’un tuyau en fer et lui aurait lancé : « mo pou touye toi azordi la », avant de tenter de le frapper.
Rajmohun Lutchmun affirme avoir bloqué le coup, arraché le tuyau des mains de son frère, puis l’avoir frappé à plusieurs reprises pour se défendre. Beejendra Lutchmun est décédé des suites de blessures cranio-cérébrales.
En première instance, la Cour intermédiaire avait estimé que la réaction de Rajmohun Lutchmun était disproportionnée, notamment parce que son frère ne lui avait pas encore porté de coup.
La Cour suprême considère toutefois que la magistrate a commis une erreur déterminante en ne tenant pas suffisamment compte de l’imminence du danger. Elle rappelle qu’une personne menacée n’est pas obligée d’attendre d’être frappée, faute de quoi sa réaction pourrait être « tardive et inefficace ».
L’appel a ainsi été accueilli et la condamnation ainsi que la peine de quatre ans ont été annulées.
Rajmohun Lutchmun était représenté par Me A. S. Kasory-Bandhu, avouée, Me Rama Valayden, SC, et Me Imitabh Sharma Bandhu. L’État était représenté par Me S. K. Jeetoo, Senior State Attorney, Me Y. Mohundin, Principal State Counsel, et Me S. H. Syed-Hossen, State Counsel.