Le gouvernement mauricien réaffirme son soutien à la cause palestinienne et n’exclut pas de participer à la procédure engagée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de Justice (CIJ). Cette position a été réitérée hier à l’Assemblée nationale par le ministre des Affaires étrangères, Ritish Ramful, en réponse à une question parlementaire de la députée Joanna Bérenger.
Le chef de la diplomatie mauricienne a rappelé que Maurice défend depuis plusieurs décennies le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à l’établissement d’un État indépendant, souverain et viable, conformément au droit international et aux résolutions des Nations unies.
Les relations entre Maurice et Israël, établies en 1968 peu après l’indépendance du pays, ont connu plusieurs évolutions. Rompues en 1976 dans un contexte de solidarité africaine avec la Palestine, elles ont été rétablies en 1993 à la suite des accords d’Oslo. Malgré ce rapprochement diplomatique, le gouvernement mauricien souligne que la coopération bilatérale demeure limitée, avec peu d’échanges commerciaux, peu de contacts politiques de haut niveau et l’absence d’accords majeurs récents.
Concernant le dossier actuellement examiné par la Cour internationale de Justice, Ritish Ramful a indiqué que Maurice suit attentivement les développements de la procédure intentée par Pretoria au titre de la Convention sur le génocide. Une éventuelle intervention mauricienne reste à l’étude et fera l’objet d’une décision prise « au moment opportun », en consultation avec les représentations diplomatiques du pays à New York et à Genève.
Le ministre des Affaires étrangères a précisé que deux mécanismes juridiques permettent à un État tiers de participer à une affaire devant la CIJ : l’article 62 du Statut de la Cour, qui autorise une intervention lorsqu’un État estime que ses intérêts juridiques pourraient être affectés par la décision à venir, et l’article 63, qui permet aux États parties à une convention concernée par le litige de présenter leurs observations sur son interprétation.
Dans l’attente d’une décision, Maurice maintient son appui aux initiatives des Nations unies en faveur d’un cessez-le-feu immédiat à Gaza, de la protection des populations civiles, de l’acheminement de l’aide humanitaire et d’une solution durable à la question palestinienne.