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Sahil Jeemon: Le 31/03/2026 à 16:05 | MAJ à 31/03/2026 à 16:07
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Publié : Le 31/03/2026 à 16:05 | MAJ à 31/03/2026 à 16:07
Par : Dooshina Appigadu

La Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition sur les conseillers affectés au Prime Minister’s Office (PMO) et au ministère des Finances a donné lieu, ce mardi 31 mars, à un exercice de transparence… mais aussi à une offensive politique du Premier ministre.

Répondant à la question, le chef du gouvernement a déposé les documents à l’Assemblée nationale détaillant les noms, fonctions, qualifications et rémunérations des Senior Advisers et Advisers nommés depuis décembre 2024.

Les documents déposés révèlent une grille salariale conséquente au sommet de l’appareil gouvernemental. Certains Senior Advisers perçoivent jusqu’à Rs 230,000 mensuellement, auxquels peuvent s’ajouter des allocations pouvant atteindre Rs 50,000.

Au PMO, le Chief Economic Adviser, figure parmi les plus hauts rémunérés avec Rs 300,000 mensuellement, en plus d’allocations.

Les profils affichent une forte coloration académique et technique : doctorats en économie, masters en finance, droit ou relations internationales. D’autres postes, notamment dans la communication ou les affaires sociales, présentent des qualifications plus modestes, allant parfois jusqu’au niveau du School Certificate.

Sur la question sensible du cumul avec des postes dans des organismes publics, le Premier ministre a insisté sur une politique restrictive.

Actuellement, seuls deux conseillers siègent sur des conseils d’administration. Il s’agit de Rakesh Bhuckory, Senior Adviser/Chief of Staff au bureau du Premier ministre, qui est également directeur à l’Economic Development Board (EDB), ainsi que le Dr Takesh Luckho, conseiller au ministère des Tinances et président de la State Trading Corporation (STC).

Le Premier ministre affirme avoir donné des instructions strictes pour limiter ces nominations.

Mais au-delà des chiffres, la réponse s’est transformée en véritable réquisitoire contre le précédent gouvernement.

Le chef du gouvernement a dénoncé des « abus grossiers », affirmant que des conseillers d’alors siégeaient sur de multiples conseils d’administration, générant des revenus largement supérieurs à leurs salaires.

Il a notamment cité :

  • un ancien conseiller ayant siégé sur plusieurs grandes entités (MRA, SBM, Mauritius Telecom, Metro Express, entre autres),
  • un autre ayant participé à jusqu’à neuf comités d’un même groupe,
  • et des cas de cumul atteignant 14 conseils d’administration et 7 comités, pour des gains totalisant plusieurs millions de roupies.

Selon les chiffres avancés :

certains conseillers ont perçu jusqu’à Rs 15 millions sur une période donnée,d’autres entre Rs 7,5 et Rs 16 millions.

Autre élément mis en avant : la taille des équipes.

Le Premier ministre a indiqué que sous l’ancien gouvernement, 31 conseillers étaient affectés au PMO et 14 au ministère des Finances entre 2015 et 2024.

Une comparaison implicite visant à souligner une rationalisation actuelle, bien que les chiffres exacts actuels n’aient pas été explicitement synthétisés dans la réponse.

Enfin, en réponse à une sous-question, le Premier ministre a assuré qu’aucun autre “nominee” n’est attaché à son bureau.

Au-delà de l’exercice de transparence exigé par l’opposition, cette PNQ illustre une stratégie bien rodée :

  • désamorcer les critiques sur les nominations actuelles,
  • tout en renvoyant l’opposition à son propre bilan en matière de gouvernance et de rémunérations.

Reste que la publication détaillée des profils et salaires relance inévitablement le débat sur le coût et la pertinence du recours aux conseillers politiques dans l’administration publique.