Une alliance « plus haute que les montagnes et plus douce que le miel ». Derrière les superlatifs de façade de la diplomatie, l’axe Pékin-Islamabad repose surtout sur un partenariat stratégique forgé par une nécessité commune : faire contrepoids à l’Inde.
Cette relation géopolitique, vieille de plus de sept décennies, s’est construite à travers des compromis majeurs. Dès les années 1960, le Pakistan a cédé à la Chine une partie du Cachemire, un territoire également revendiqué par New Delhi. En retour, Pékin aurait apporté un soutien discret mais déterminant au programme nucléaire pakistanais.
Aujourd’hui, cette proximité se reflète dans les relations militaires entre les deux pays. Islamabad figure parmi les principaux acheteurs d’armes chinoises, une coopération illustrée par l’utilisation de chasseurs coproduits lors du conflit armé de 2025 avec l’Inde.
Pour la Chine de Xi Jinping, le Pakistan représente un allié stratégique permettant de contenir l’influence indienne et de renforcer sa position régionale. Toutefois, ce partenariat pèse de plus en plus lourd sur Islamabad. Lancé en 2015, le corridor économique sino-pakistanais, estimé à 62 milliards de dollars, peine à produire les retombées industrielles promises.
Au contraire, ce projet colossal est accusé d’avoir aggravé l’endettement du Pakistan et accentué un déséquilibre commercial important au bénéfice de Pékin.