À Tenerife, la gestion du paquebot Hondius, touché par un cas de hantavirus à bord, a provoqué un sérieux bras de fer entre les autorités des Canaries et le gouvernement espagnol. Les heures précédant l’arrivée du navire au port industriel de Granadilla de Abona ont été marquées par de fortes tensions politiques et sanitaires.
Le président des Canaries, Fernando Clavijo, a vivement critiqué Madrid pour avoir refusé d’utiliser un avion militaire espagnol de 210 places afin d’évacuer les passagers en attente de transfert. Selon lui, l’appareil devait quitter l’île avec seulement 14 personnes à bord. Après plusieurs discussions avec les ministres de la Santé, de l’Intérieur et de la Politique territoriale, aucune solution n’a été trouvée.
Face à cette situation, Clavijo avait annoncé son intention d’empêcher le paquebot de mouiller dans le port. Mais le gouvernement central a finalement ordonné l’accueil du navire, invoquant l’urgence sanitaire ainsi que les risques liés aux conditions météorologiques.
Le Hondius a finalement accosté dimanche matin sous haute surveillance. Les premiers passagers évacués, dont 14 Espagnols, ont été transférés vers l’aéroport de Tenerife-Sud. Tous les voyageurs ont débarqué par petits groupes avec des mesures strictes : port obligatoire du masque FFP2 et limitation des effets personnels.
Selon les autorités espagnoles, 23 pays sont concernés par cette opération. Présent sur place, le directeur général de l’OMS a appelé les habitants de Tenerife au calme, assurant que la situation reste maîtrisée malgré les inquiétudes.