Le Bangladesh traverse une grave crise énergétique qui se traduit par des coupures d’électricité prolongées dans une grande partie du pays. Dans certaines zones rurales, les délestages peuvent atteindre 10 à 12 heures par jour, alors que la forte chaleur accentue la demande sur un réseau déjà sous pression. Dans la nuit du 11 août, le déficit électrique a dépassé les 3 500 mégawatts à certains moments, sur fond de pénurie de gaz naturel et de capacités de production fortement réduites.
Face à la situation, le gouvernement a imposé de nouvelles mesures destinées à réduire la consommation. Depuis jeudi, les magasins, marchés et centres commerciaux doivent fermer leurs portes à 20 heures. Les autorités ont également ordonné l’extinction anticipée de certains éclairages commerciaux. Ces restrictions interviennent alors que la pénurie d’électricité affecte aussi bien les ménages que les agriculteurs, les petits commerces et les activités industrielles.
Au cœur de la crise se trouve notamment le manque de gaz destiné aux centrales électriques. Plusieurs installations fonctionnent bien en dessous de leurs capacités, tandis que la production à partir du gaz a fortement chuté. Les difficultés d’approvisionnement en combustible, combinées à une demande élevée en période de forte chaleur, ont ainsi creusé l’écart entre la production et les besoins du pays.
Pour tenter d’atténuer la pression, Dhaka s’est tournée vers l’Inde afin d’obtenir des livraisons supplémentaires de diesel par l’intermédiaire de l’oléoduc reliant les deux pays.
La demande a été évoquée par le ministre bangladais de l’Énergie, Iqbal Hassan Mahmood, lors d’une rencontre avec le haut-commissaire indien Dinesh Trivedi. Le Bangladesh avait déjà reçu environ 30 000 tonnes de diesel indien en mars et avril. Cette demande d’assistance énergétique intervient dans un contexte diplomatique délicat entre les deux voisins.