Plusieurs pays africains font face à une crise énergétique croissante, conséquence directe des perturbations des approvisionnements en carburant liées au conflit impliquant l’Iran. À Port-Louis, les autorités ont annoncé des mesures d’économie d’énergie alors que les stocks de fioul lourd s’amenuisent dangereusement.
Le ministre de l’Énergie, Patrick Assirvaden, a indiqué que le pays, fortement dépendant des importations, ne dispose plus que de 15 à 20 jours de réserves après le retard d’une livraison attendue. Un nouveau chargement en provenance de Singapour est prévu pour début avril. En attendant, des restrictions ont été instaurées, visant notamment les usages non essentiels de l’électricité comme l’éclairage décoratif ou le chauffage des piscines.
La situation s’inscrit dans un contexte régional tendu. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un cinquième de l’énergie mondiale, est fortement perturbé par les tensions militaires, affectant les flux de pétrole et de gaz.
Au Nigeria, l’homme d’affaires Aliko Dangote a mis en garde contre de possibles restrictions similaires à celles observées durant la pandémie de COVID-19 si la crise perdure. D’autres pays ressentent déjà les effets de ces tensions. En Ouganda, les réserves de carburant diminuent, tandis qu’au Soudan du Sud, des coupures d’électricité tournantes ont été instaurées dans la capitale Juba. Au Kenya, certaines stations-service sont en rupture partielle alors que la demande augmente. En Afrique du Sud, la situation est différente : une hausse des achats anticipés avant une augmentation attendue des prix en avril provoque des tensions ponctuelles, sans véritable pénurie nationale.
Face à cette crise, les gouvernements africains tentent de rassurer tout en cherchant des alternatives d’approvisionnement, dans un contexte où la dépendance énergétique du continent reste fortement exposée aux chocs géopolitiques.