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Keshinee: Le 24/02/2026 à 10:13 | MAJ à 24/02/2026 à 10:14
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bien-être animal à Maurice
Publié : Le 24/02/2026 à 10:13 | MAJ à 24/02/2026 à 10:14
Par : La Redaction

Deux jours après la marche silencieuse organisée le samedi 21 février dans les rues de la capitale, un collectif regroupant des défenseurs des droits des animaux, des bénévoles et des représentants d’organisations de protection animale tire la sonnette d’alarme. Dans une lettre adressée au Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, ils dénoncent une crise nationale du bien-être animal qui, selon eux, a atteint un seuil critique.

Présentée comme une mobilisation « pacifique mais puissante », la marche visait à exprimer l’inquiétude grandissante d’une partie de la population face à la prolifération des chiens errants, aux cas de négligence et de maltraitance, ainsi qu’à la reproduction incontrôlée des animaux.

« La souffrance ne fait qu’augmenter », soulignent les signataires qui  estiment qu’une intervention systémique et urgente de l’État est désormais indispensable.

Au cœur des préoccupations figure la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW), jugée insuffisamment dotée pour faire face à l’ampleur du problème. Les défenseurs des animaux plaident pour un renforcement significatif de ses ressources financières, humaines et logistiques.

Selon eux, sans financement adéquat, personnel qualifié et infrastructures adaptées, toute stratégie nationale restera inefficace. Ils réclament également la reconstitution immédiate du conseil d’administration de la MSAW, dont les membres sont en poste depuis 2013. Le collectif estime que l’instance actuelle n’est pas alignée avec les approches scientifiques modernes en matière de gestion des populations animales.

Parmi les attentes toujours en suspens figure aussi la mise en place d’un hôpital vétérinaire gratuit accessible 24 heures sur 24.

Autre point sensible : le fonctionnement du Veterinary Council of Mauritius. Tout en affirmant respecter son mandat, les signataires dénoncent des procédures jugées lourdes, opaques et inadaptées à l’urgence actuelle.

Ils pointent notamment les délais dans l’octroi de permis aux vétérinaires étrangers souhaitant participer à des missions de stérilisation ou de soins à court terme. Les ONG, expliquent-ils, dépendent souvent de ces professionnels volontaires pour atteindre leurs objectifs.

Le collectif propose ainsi :

  • la mise en place de permis accélérés pour les missions caritatives de courte durée ;
  • des cadres de supervision clairs avec des vétérinaires mauriciens enregistrés ;
  • l’autorisation pour les vétérinaires étrangers d’offrir des soins essentiels élargis, notamment aux animaux de propriétaires à faibles revenus.

Ils insistent également sur la nécessité d’assurer des réunions régulières du Council, des prises de décisions cohérentes et un traitement prévisible des demandes. « Chaque retard administratif se traduit par une souffrance animale évitable », soutiennent-ils.

Les défenseurs appellent en outre à moderniser et diversifier la composition du Conseil, en intégrant davantage de jeunes praticiens et en favorisant l’adoption de pratiques internationales fondées sur des données scientifiques.

Face à la surpopulation canine, le collectif estime que des campagnes massives de stérilisation doivent être lancées sans délai. Il recommande la contractualisation d’organisations internationales expérimentées afin d’augmenter rapidement les capacités chirurgicales et l’efficacité opérationnelle.

Le renforcement de l’application des lois contre l’élevage illégal figure également parmi les priorités. Selon les signataires, la reproduction incontrôlée continue d’alimenter le cycle de surpopulation.

Enfin, ils plaident pour une évolution progressive vers l’abandon des expérimentations sur les singes, dans une logique de transition vers des pratiques plus éthiques.

« La marche silencieuse n’était pas un simple acte de protestation, mais un appel collectif à un leadership décisif », écrivent les défenseurs du bien-être animal qui exhortent le gouvernement à aligner toutes les institutions concernées sur cette priorité nationale.