Un navire russe sous sanctions, l’Anatoly Kolodkin, transporte 730 000 barils de pétrole brut vers Cuba et doit accoster ce lundi à Matanzas, à l’ouest de l’île. Dimanche, le tanker se trouvait au nord d’Haïti, progressant vers les eaux cubaines, selon Kpler, société spécialisée dans le suivi maritime.
L’arrivée de ce pétrole intervient alors que Cuba traverse une crise énergétique sévère : le pays n’a plus reçu de carburant depuis janvier et subit des coupures d’électricité pouvant dépasser 20 heures. Les transports publics ont été réduits, certaines compagnies aériennes ont suspendu leurs vols, et le rationnement du carburant est désormais strict.
Washington maintient son blocus, mais Donald Trump a minimisé l’événement, estimant que l’envoi de pétrole russe ou autre « n’aura aucun effet » sur le régime cubain. Pour Jorge Piñón, expert en énergie, une fois le tanker dans les eaux cubaines, il serait quasi impossible pour les États-Unis de l’intercepter.
L’Anatoly Kolodkin a quitté le port russe de Primorsk le 8 mars, escorté par un navire de la Marine russe jusqu’à l’Atlantique. Après débarquement, il faudra 15 à 20 jours pour raffiner le pétrole, puis 5 à 10 jours pour distribuer le carburant. Selon les estimations, cette cargaison pourrait produire 250 000 barils de gazole, soit assez pour couvrir les besoins de l’île pendant environ 12 jours. Le gouvernement cubain devra décider si le carburant est destiné aux générateurs d’urgence ou aux transports essentiels pour maintenir l’économie.