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Keshinee: Le 22/01/2026 à 07:51 | MAJ à 22/01/2026 à 07:59
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TRUMP
Publié : Le 22/01/2026 à 07:51 | MAJ à 22/01/2026 à 07:59
Par : La Redaction

Dans un discours offensif à Davos, le Premier ministre canadien Mark Carney décrit une rupture – « pas une transition » – dans l’ordre international : la fin d’une « fiction agréable » et l’entrée dans une réalité plus brutale, où la rivalité des grandes puissances s’impose avec moins de limites et de contraintes.  

Son message central : les pays “intermédiaires” ne sont pas condamnés à l’impuissance, à condition de commencer par un acte politique simple : l’honnêteté. Carney s’attaque à l’idée que l’ordre “fondé sur des règles” fonctionnerait encore « comme annoncé ». Il invite gouvernements et entreprises à nommer le réel, plutôt que de réciter des formules.  

Pour frapper les esprits, il mobilise une référence à Václav Havel et à Le pouvoir des sans-pouvoir : l’histoire d’un épicier qui affiche chaque matin un slogan auquel il ne croit pas, par conformisme et pour éviter les ennuis. Selon Carney, une partie du système international a tenu ainsi : non seulement par la force, mais par la participation routinière à une mise en scène collective. D’où son appel : « il est temps d’enlever l’affiche de la vitrine ».  

Carney avertit ensuite : quand l’intégration économique devient une arme (tarifs, chaînes d’approvisionnement, infrastructures financières), continuer à vivre dans l’illusion d’un bénéfice mutuel revient à accepter une forme de subordination. Il prévient aussi qu’un monde de « forteresses » — chacun se protégeant seul — serait plus pauvre, plus fragile et moins durable.  

Sa réponse : une stratégie qu’il présente comme un “réalisme fondé sur les valeurs” — être à la fois pragmatique et principiel — et surtout agir collectivement. Il martèle une formule-choc : « si nous ne sommes pas à la table, nous sommes au menu ». Selon lui, négocier uniquement en bilatéral avec un hégémon affaiblit les pays intermédiaires, qui finissent par rivaliser de concessions au lieu de construire une voie alternative.  

Concrètement, il met en avant le renforcement de la puissance intérieure (investissements massifs, énergie, IA, minéraux critiques, défense) et la diversification des partenariats. Il défend une “géométrie variable” : des coalitions selon les sujets (Ukraine, Arctique, commerce, minéraux critiques, IA), afin de tisser un réseau dense de coopération capable de peser face aux logiques de coercition.  

En conclusion, Carney insiste : l’ancien ordre ne reviendra pas — « la nostalgie n’est pas une stratégie » — mais la fracture actuelle peut permettre de construire « quelque chose de plus grand, meilleur, plus fort et plus juste », à condition que les pays intermédiaires agissent ensemble et cessent de « faire semblant ».