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Keshinee: Le 10/06/2026 à 07:32 | MAJ à 10/06/2026 à 07:33
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Publié : Le 10/06/2026 à 07:32 | MAJ à 10/06/2026 à 07:33
Par : Dooshina Appigadu

L’affaire Mamy Ravatomanga entre dans une nouvelle phase. Selon Billionaires Africa, média panafricain spécialisé dans les grandes fortunes africaines, une partie significative des filiales du Groupe SODIAT, l’un des plus importants conglomérats privés de Madagascar, a été placée sous administration judiciaire provisoire par le Pôle anti-corruption malgache.

Cette décision intervient alors que l’homme d’affaires reste détenu à Maurice depuis le 24 octobre 2025, dans le cadre d’une enquête conduite par la Financial Crimes Commission (FCC). La justice mauricienne a récemment rejeté une nouvelle demande de liberté sous caution, en invoquant notamment l’ampleur de son réseau financier international et le risque d’influence dans la poursuite des investigations.

Le dossier ne se limite plus à Madagascar. D’après le média panafricain, Mamy Ravatomanga fait désormais face à trois mandats d’arrêt internationaux émis par les autorités malgaches. Le premier concerne des soupçons de fraude dans la filière litchi, où les enquêteurs évoquent une manipulation présumée des quotas d’exportation entre 2019 et 2026. Un second mandat porte sur l’attribution controversée d’activités minières de Kraomita Malagasy, dite Kraoma, à la société Dana Minerals en 2023. Un troisième viserait des soupçons plus larges de pillage du secteur minier malgache.

L’enquête a également pris une dimension transfrontalière. Une équipe commune d’enquête a été mise en place entre la Financial Crimes Commission de Maurice et le Parquet national financier français, sous la coordination d’Eurojust. Des préposés mauriciens se sont aussi rendus à Antananarivo afin de travailler avec leurs homologues malgaches.

Sur le terrain économique, les mesures sont lourdes. En plus de l’administration provisoire de plusieurs sociétés, la chambre de saisie et de confiscation du PAC aurait ordonné le gel d’environ trente comptes bancaires dans plusieurs institutions, ainsi que la saisie de biens immobiliers enregistrés au nom de Mamy Ravatomanga.

Mais l’enjeu dépasse le seul sort judiciaire de l’homme d’affaires. SODIAT emploierait environ 4 000 personnes et opère dans plusieurs secteurs clés, dont l’import-export, la logistique, l’immobilier et l’agriculture. C’est ce poids économique qui rend le dossier particulièrement sensible : toute paralysie prolongée du groupe risque d’avoir des répercussions directes sur les salariés, les fournisseurs, les sous-traitants et l’écosystème économique malgache.

La contestation publique de la famille Ravatomanga contre l’administration provisoire marque ainsi un durcissement du bras de fer. D’un côté, les autorités judiciaires affirment poursuivre des investigations sur des soupçons graves de corruption, de blanchiment et d’atteintes aux intérêts publics. De l’autre, les proches de l’homme d’affaires dénoncent une prise de contrôle imposée de sociétés privées avant toute condamnation définitive.