« Dans un souci de justice et de transparence, le dossier sera référé au Medical Council », affirme le ministre de la Santé
Le ministre de la Santé, Anil Bachoo, a révélé ce mardi à l’Assemblée nationale les conclusions préliminaires de l’enquête sur le décès de B.M., une femme enceinte de 21 ans, survenu le 23 mai dernier à l’hôpital national Sir Seewoosagur Ramgoolam (SSRN).
Répondant simultanément à deux questions parlementaires, le ministre Bachoo a indiqué que la jeune femme, enceinte de 23 semaines, s’était présentée aux urgences le 18 mai avec des douleurs abdominales. Les médecins avaient recommandé son admission immédiate, mais elle avait refusé l’hospitalisation et signé une décharge contre avis médical.
Selon le rapport d’enquête, la patiente ne bénéficiait d’aucun suivi prénatal régulier, un élément considéré comme un facteur aggravant majeur. Quelques heures après avoir quitté l’hôpital, elle est retournée aux urgences avec des douleurs persistantes et des saignements. Les médecins ont alors constaté qu’elle était en travail prématuré et que le fœtus ne présentait plus de battements cardiaques.
Son état s’est rapidement détérioré lorsqu’elle a développé une hémorragie massive provoquée par un décollement placentaire. Malgré plusieurs interventions chirurgicales d’urgence, dont une hystérectomie, ainsi qu’une prise en charge intensive par une équipe multidisciplinaire, la jeune femme a succombé à de multiples complications le 23 mai.
Le comité d’enquête indépendant, mis en place par le ministère de la Santé, conclut que l’issue fatale résulte d’une combinaison de facteurs comprenant des conditions obstétricales à haut risque, l’absence de suivi médical durant la grossesse, des retards dans la prise en charge liés au refus initial d’hospitalisation et une consommation présumée régulière de cannabis.
Le rapport souligne également que la patiente a développé une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD), une complication extrêmement grave provoquant des hémorragies incontrôlables et une défaillance progressive de plusieurs organes. Malgré d’importantes transfusions sanguines et l’ensemble des protocoles d’urgence appliqués, les médecins n’ont pas pu enrayer l’évolution de la maladie.
Le ministre Anil Bachoo a toutefois annoncé que, dans un souci de transparence et afin d’écarter tout doute sur la prise en charge médicale, le dossier sera transmis au Medical Council of Mauritius pour une enquête approfondie.