La démission de Paul Bérenger de son poste de Deputy Prime Minister (DPM) redistribue les cartes au sommet de l’État et place désormais le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, face à des défis majeurs. Dans un contexte de crise, ce dernier devra redoubler d’efforts pour consolider son équipe gouvernementale, notamment avec les ministres du MMM toujours en poste, afin de présenter un budget capable de rassurer la population et de démontrer que le cap est maintenu.
Pour le journaliste et observateur politique Bernard Saminaden, cette nouvelle donne complique davantage la tâche de l’exécutif. « Après la démission de Bérenger, le défi est beaucoup plus grand pour le gouvernement. Bérenger, lui, n’a rien à perdre », ajoute-t-il.
Bernard Saminaden rappelle également le poids politique du leader du MMM : « C’est l’un des rares dirigeants politiques à avoir réalisé un 60-0 à trois reprises dans l’histoire politique du pays ». L’observateur politique décrit Paul Bérenger comme « un guerrier, un général », capable de mobiliser ses troupes et de conquérir le terrain politique. Toutefois, il nuance en évoquant des limites dans la gestion étatique : « C’est un perfectionniste, et c’est là que la gestion d’un pays peut poser problème. »
Revenant sur l’histoire du MMM, l’observateur souligne que le parti n’a accédé au pouvoir qu’à trois reprises depuis sa création. Une réalité qui, selon lui, explique la réticence des parlementaires mauves à rejoindre les bancs de l’opposition.
Dans ce contexte, les ministres MMM restés au gouvernement devront faire face à une pression accrue. Bernard Saminaden estime qu’ils seront la cible de critiques, notamment sur les réseaux sociaux, mais aussi au sein même de la majorité. Certains parlementaires rouges, qui espéraient leur départ pour accéder à des postes ministériels, pourraient également faire entendre leur mécontentement.