La mobilisation citoyenne se poursuit à Calodyne contre des activités de “derocking”, soit des travaux d’extraction de pierres et de découpage de collines, dénoncés comme illégaux dans une zone résidentielle et écologiquement sensible.
Depuis plusieurs mois, des habitants de la région affirment que d’importantes portions de collines ont été détruites pour des activités commerciales menées, selon eux, sans permis ni étude d’impact environnemental appropriée. Certains résidents évoquent également de possibles influences politiques dans cette affaire. Par ailleurs, plusieurs habitants disent avoir reçu des menaces après avoir dénoncé publiquement la situation.
Face aux nombreuses plaintes, le ministère de l’Environnement a finalement publié un communiqué détaillant les mesures prises dans cette affaire.
Selon les autorités, des demandes officielles d’arrêt des travaux avaient déjà été adressées au propriétaire du terrain ainsi qu’au contracteur les 19 janvier et 6 mai 2026. Le ministère affirme que ces demandes n’ont pas été respectées, ce qui l’a poussé à solliciter l’avis du State Law Office (SLO).
Le State Law Office a estimé que les travaux de derocking à Calodyne pouvaient être considérés comme des activités d’exploitation de carrière nécessitant des autorisations spécifiques ainsi qu’une licence EIA ou PER conformément à l’Environment Act 2024.
Le 21 mai dernier, une visite conjointe du site a été effectuée par le ministère de l’Environnement, la Geotechnical Unit et la Police de l’Environnement. Les autorités ont alors constaté des excavations allant de 5 à 10 mètres de profondeur, d’importantes nuisances sonores et poussières ainsi qu’une modification substantielle de la topographie du terrain.
À la suite de ces constats, des “Stop Orders” ont été émis contre le propriétaire du terrain, la compagnie S.O.S Pride Co. Ltd ainsi que l’opérateur de l’excavatrice pour activités de carrière sans licence EIA. Selon le ministère, les personnes concernées ont toutefois refusé d’accuser réception des ordres d’arrêt.
Entre-temps, selon les habitants mobilisés, les propriétaires du terrain envisageraient de contester ces “Stop Orders” devant la justice afin de poursuivre les travaux. Ils évoqueraient notamment certaines failles ou zones grises dans la législation actuelle concernant les travaux de terrassement ou de construction de murs autour des terrains.
Des résidents affirment toutefois que le ministère de l’Environnement devrait désormais envisager un renforcement de la loi afin de rendre les dispositions plus strictes et d’éviter que ce type de situation ne se reproduise.
De son côté, le ministère de l’Environnement précise que des copies des “Stop Orders” ont été envoyées par courrier recommandé et affichées directement sur le site, tandis que des patrouilles régulières de la Police de l’Environnement sont désormais effectuées dans la région.
Le ministère souligne enfin que la compagnie S.O.S Pride Co. Ltd avait déjà fait l’objet de précédents “Stop Orders” en avril 2024 et juillet 2025 pour des activités similaires sans licence EIA dans le nord du pays.