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Keshinee: Le 20/08/2026 à 14:01 | MAJ à 20/08/2026 à 14:03
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Dette-des-États-Unis
Publié : Le 20/08/2026 à 14:01 | MAJ à 20/08/2026 à 14:03
Par : Vanessa Mathews Saramandif

L'économie américaine vient de franchir une ligne rouge. Ce mercredi 19 août 2026, la dette nationale brute des États-Unis a officiellement dépassé le seuil fatidique des 40 000 milliards de dollars. Un record absolu qualifié par la presse internationale de cap alarmant, révélant la fragilité des fondations budgétaires d'une superpuissance habituée à vivre à crédit pour alimenter ses dépenses militaires, ses filets sociaux et les cadeaux fiscaux de l'ère Trump.

Le mur des 40 000 milliards a été atteint avec plusieurs mois d'avance sur les prévisions initiales. Selon le Washington Post, cette accélération soudaine s'explique en grande partie par des pertes abyssales de revenus, consécutives à l'invalidation de droits de douane par la Cour suprême. Ce séisme financier survient dans un climat particulièrement instable, alors qu'une vague d'inquiétudes pousse les investisseurs à céder massivement leurs obligations d'État, propulsant mécaniquement les coûts d'emprunt et contraignant le Trésor américain à voler au secours de sa propre dette par des rachats massifs.

Le Financial Times souligne de son côté une progression vertigineuse de 3 000 milliards de dollars rien qu'au cours de la dernière année, signant le rythme de croissance le plus effréné jamais observé en dehors d'une période de crise pandémique.

Pourtant, le retour au pouvoir de Donald Trump en 2025 s'était accompagné de promesses fermes de rigueur et de réduction des dépenses publiques excessives. Son secrétaire au Trésor, Scott Bessent, s'était ainsi engagé à terrasser le déficit pour le ramener à 3 % du PIB d'ici la fin du mandat, contre 6,3 % au point de départ. Si une légère décrue est anticipée à 5,8 % pour cette année 2026, représentant tout de même un gouffre de 2 000 milliards de dollars, la trajectoire reste hors de contrôle.

Face à cette fuite en avant, les experts tirent la sonnette d'alarme. L'économiste Ed Yardeni résume la situation au micro du Financial Times : la dette est colossale et les intérêts vont l'alourdir indéfiniment, prisonnière d'un cercle vicieux où la hausse des taux d'intérêt engendre une charge d'emprunt toujours plus lourde. Un constat partagé par Shai Akabas du Bipartisan Policy Center, qui s'étonne de voir une telle débâcle dans un contexte de relative vitalité économique, tout en prévenant qu'un ralentissement de l'activité ou une aggravation des conflits internationaux risquerait d'achever de faire imploser les compteurs.