Septembre pourrait être le mois de vérité dans le dossier des Chagos. Plus d’un an après la signature de l’accord entre Maurice et le Royaume-Uni, le transfert de souveraineté reste bloqué. L’échéance de fin juillet, évoquée par Port-Louis pour obtenir des avancées concrètes, est passée sans rupture, mais surtout sans calendrier clair de ratification. Maurice a donc choisi de temporiser encore, tout en prévenant que sa position pourrait être réévaluée en septembre.
Derrière les assurances diplomatiques, une question devient de plus en plus pressante : combien de temps Port-Louis acceptera-t-il d’attendre alors que Londres reste dépendant du feu vert de Washington sur Diego Garcia ?
Le gouvernement mauricien réclame désormais davantage qu’une simple réaffirmation politique. Il veut une feuille de route précise sur la mise en œuvre de l’accord et sur son retour devant le Parlement britannique.
À Londres, le soutien au traité est maintenu, mais aucune date ferme n’a encore été annoncée. Le principal obstacle reste lié aux arrangements militaires autour de Diego Garcia, où les États-Unis jouent un rôle central.
Dans le même temps, le dossier se complexifie sur le front chagossien. Certains British Chagossians s’opposent au transfert à Maurice sans leur consentement et réclament un droit permanent de résidence dans l’archipel. À l’inverse, le Chagos Refugees Group d’Olivier Bancoult continue de soutenir l’accord et insiste sur le droit au retour des Chagossiens.
Pour Maurice, septembre pourrait donc devenir un véritable point de bascule. Si Londres présente un calendrier crédible, le processus pourrait retrouver un nouvel élan. Mais si les réponses restent vagues, Port-Louis devra décider s’il poursuit sa stratégie de patience ou s’il durcit sa position.
Le dossier Chagos entre ainsi dans une phase particulièrement sensible : l’accord existe, la volonté politique est officiellement maintenue, mais la souveraineté mauricienne reste encore suspendue à des décisions qui se prennent autant à Londres qu’à Washington.