Ce fléchissement s’explique principalement par un contexte international moins porteur, ainsi que par les incertitudes liées au conflit au Moyen-Orient. Dans ce climat de ralentissement économique, plusieurs secteurs clés pourraient en subir les répercussions.
Le rapport souligne notamment les risques pesant sur le tourisme. Les compagnies aériennes de la région représentant environ 15 % des vols à destination de Maurice, une réduction de leurs fréquences — conjuguée à la hausse des prix du pétrole et des billets d’avion — pourrait freiner les arrivées. Toutefois, le secteur devrait faire preuve d’une certaine résilience, notamment grâce à la diversification des liaisons aériennes, en particulier vers l’Europe.
Les pressions inflationnistes devraient également s’accentuer. L’inflation est attendue à 3,9 % en 2026, tout en demeurant dans la fourchette cible de la Banque de Maurice. Par ailleurs, le déficit de la balance courante pourrait se creuser pour atteindre 7 % du PIB, en raison notamment de l’augmentation des coûts d’importation, comme nous l’explique l’économiste Manisha Dookhony.
Sur le plan des finances publiques, les réformes fiscales engagées — notamment l’extension de la TVA aux services numériques depuis janvier 2026 — devraient renforcer les recettes de l’État, estimées à 26,5 % du PIB. En parallèle, des mesures concernant les pensions et les aides sociales visent à contenir les dépenses courantes.
Dans ce contexte, le déficit budgétaire resterait élevé, à 7,1 % du PIB, tandis que la dette publique pourrait atteindre 90,5 % du PIB. Le rapport met également en garde contre plusieurs facteurs de risque. Le niveau élevé de la dette publique demeure une source de fragilité, avec un risque potentiel de dégradation de la notation souveraine.