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Thomas Jadoobur: Le 03/07/2026 à 11:25 | MAJ à 03/07/2026 à 11:28
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Publié : Le 03/07/2026 à 11:25 | MAJ à 03/07/2026 à 11:28
Par : Jean Paul Arouff

L'économie mauricienne a poursuivi sa progression au premier trimestre de 2026, mais à un rythme plus modéré que l'année précédente. Selon les dernières estimations de Statistics Mauritius, le Produit intérieur brut (PIB) a progressé de 2 % entre janvier et mars 2026, contre 3,4 % à la même période en 2025. Une évolution qui traduit un ralentissement de l'activité, même si plusieurs secteurs continuent d'afficher une bonne résilience.

En valeur, le PIB est passé de Rs 169,3 milliards au premier trimestre 2025 à Rs 180,7 milliards un an plus tard. Toutefois, en termes réels, c'est-à-dire une fois l'effet de l'inflation neutralisé, la croissance s'établit à seulement 2 %. Il s'agit du rythme de progression le plus faible observé depuis plusieurs années, confirmant une tendance au ralentissement amorcée progressivement après la forte reprise post-Covid.

L'analyse sectorielle montre que les services demeurent le principal moteur de l'économie mauricienne. Le secteur des activités financières et d'assurance reste le premier contributeur à la croissance, avec une progression de 4,1 %, apportant à lui seul 0,5 point de pourcentage à la croissance globale. Le tourisme, à travers les activités d'hébergement et de restauration, poursuit également sa bonne performance avec une hausse de 5,7 %, contribuant pour 0,4 point à la croissance. Le commerce, les transports, les technologies de l'information ainsi que les activités professionnelles continuent eux aussi d'afficher des résultats positifs, confirmant que l'économie repose toujours largement sur les services.

L'agriculture figure parmi les bonnes surprises du trimestre. Le secteur enregistre une croissance de 3,6 %, soutenue par la progression des autres activités agricoles (+3,8 %) et par un léger rebond de la production sucrière (+0,1 %). Même si cette croissance est moins forte qu'au trimestre précédent, l'agriculture contribue tout de même positivement à l'activité économique.

À l'inverse, la construction demeure le secteur le plus préoccupant. Après une légère croissance de 1 % au dernier trimestre 2025, le secteur replonge avec une contraction de 4,3 % au premier trimestre 2026. Cette faiblesse se reflète également dans les investissements. Les dépenses consacrées aux bâtiments et travaux de construction reculent de 3,7 %, principalement en raison de la baisse des investissements dans les bâtiments non résidentiels (-12,2 %).

Du côté de la demande, les échanges extérieurs constituent l'une des meilleures nouvelles. Les exportations de biens et services augmentent de 13,1 %, contre 8,4 % au trimestre précédent. Cette performance est principalement portée par les exportations de services, qui bondissent de 17 %, illustrant le bon comportement du tourisme et des autres services exportés. Les exportations de biens, en revanche, reculent de 6 %.

La consommation intérieure montre davantage de signes de prudence. La consommation totale recule de 0,2 %, conséquence d'une baisse des dépenses publiques (-3,3 %). Les ménages continuent néanmoins de consommer légèrement davantage (+0,5 %), mais cette progression reste modeste et traduit un contexte où les consommateurs semblent plus prudents face aux incertitudes économiques.

L'investissement repart légèrement à la hausse (+1,9 %), mais cette amélioration repose essentiellement sur les achats de machines et équipements (+13,6 %). À l'inverse, les investissements dans les bâtiments continuent de ralentir, ce qui explique en grande partie les difficultés persistantes du secteur de la construction.