Le marché du travail mauricien continue d’afficher des signes de résilience, avec un taux de chômage ramené à 5,7 % au premier trimestre 2026. Mais derrière cette amélioration globale, des déséquilibres persistent. Le chômage des jeunes reste élevé, tandis que plusieurs secteurs continuent de dépendre des travailleurs étrangers pour faire face aux pénuries de main-d’œuvre.
Selon la Banque de Maurice (BOM), les conditions sur le marché du travail sont restées globalement favorables au début de l’année. Le taux de chômage est descendu à 5,7 % au premier trimestre 2026, un niveau qualifié de proche de ses plus bas historiques.
Cette évolution intervient alors que l’économie continue d’être soutenue par plusieurs secteurs de services, notamment le tourisme et les activités financières. Malgré un ralentissement de l’activité économique au premier trimestre, certains segments du marché du travail conservent ainsi une certaine solidité.
Le tableau est toutefois moins favorable pour les jeunes. La gouverneure de la Banque de Maurice, Dr Priscilla Muthoora Thakoor, souligne que le chômage des jeunes demeure élevé, révélant la persistance d’un décalage entre les compétences disponibles et les besoins des employeurs.
La Banque centrale évoque également la présence de poches de sous-utilisation de la main-d’œuvre. Autrement dit, la baisse du chômage global ne signifie pas que toutes les catégories de travailleurs bénéficient de la même dynamique. Toutefois, elle n’a pas précisé le taux de chômage des jeunes, ni son évolution par rapport aux périodes précédentes.
Dans le même temps, le recours aux travailleurs étrangers continue d’atténuer le manque de main-d’œuvre et les contraintes de capacité dans plusieurs secteurs à forte intensité de main-d’œuvre. La Banque de Maurice cite particulièrement l’industrie manufacturière et la construction.
Cette situation met en évidence un contraste sur le marché de l’emploi : alors que certains jeunes peinent encore à s’insérer, des entreprises rencontrent parallèlement des difficultés à recruter localement pour certains postes.
Pour la Banque de Maurice, cette coexistence entre chômage des jeunes et manques de main-d’œuvre renvoie notamment à des inadéquations persistantes de compétences. Les besoins des entreprises ne correspondent pas toujours aux profils disponibles sur le marché du travail.
Le marché de l’emploi mauricien présente ainsi un visage contrasté : un chômage global relativement bas, des jeunes encore fortement exposés au chômage et des secteurs dépendants de la main-d’œuvre étrangère pour maintenir leur capacité de production.