Ils devraient être en classe, entourés de leurs camarades, ou en sécurité auprès de leur famille. Pourtant, à Maurice, certains enfants grandissent loin de ces repères essentiels, livrés à eux-mêmes. Le 12 avril 2026 marque la Journée internationale des enfants des rues, une date qui met en lumière une réalité souvent invisible, mais bien présente dans nos quartiers. À cette occasion, Edley Maurer, manager de l’ONG SAFIRE, lance un appel poignant.
« Nous avons beaucoup d’enfants qui vivent et grandissent dans la rue au lieu d’être à l’école ou avec leur famille », déplore-t-il. Derrière ces mots, une réalité difficile : des enfants privés d’un cadre familial stable et d’un accès à l’éducation. Il précise que les « enfants des rues » ne sont pas uniquement ceux qui ont été abandonnés, mais aussi ceux qui quittent le système scolaire avant 16 ans et passent leurs journées dans la rue, loin des bancs de l’école.
Edley Maurer met ainsi en lumière un phénomène inquiétant : un nombre important d’enfants décrochent prématurément du système éducatif. Il rappelle que la famille et l’école — deux piliers essentiels — ne doivent pas seulement instruire, mais aussi transmettre des valeurs et des repères.
Mais aujourd’hui, une partie de cette jeunesse semble se détacher de ces cadres. Certains se retrouvent impliqués dans des délits, faute d’encadrement suffisant. Alors que l’éducation est obligatoire jusqu’à 16 ans, environ 30 % des enfants qui entrent en Grade 1 ne terminent pas leur parcours scolaire. Un chiffre qu’il qualifie d’« énorme », révélateur d’un malaise profond. Et ce, malgré les dispositifs existants, notamment l’éducation gratuite et les facilités offertes aux familles. « Beaucoup d’enfants n’arrivent pas à s’adapter », souligne-t-il, pointant une réalité souvent ignorée.
Face à cette situation, Edley Maurer insiste : la famille et l’école doivent repenser leur approche pour mieux accompagner ces jeunes et freiner ce phénomène. Il réaffirme également l’engagement et le dévouement de l’ONG SAFIRE qui, depuis plus de 20 ans et à travers le projet d’éducateur de rue soutenu par la sécurité sociale, va à la rencontre de ces enfants, les identifie et œuvre, chaque jour, à leur offrir une seconde chance en favorisant leur réinsertion familiale.