Les travaux de la commission d’enquête sur la mort du détenu Andy Selmour se sont poursuivis ce mercredi 18 mars, avec l’audition de nouveaux témoins apportant des éléments supplémentaires sur le contexte ayant mené au drame. Les échanges ont été marqués par des révélations troublantes sur la circulation de drogue en milieu carcéral et les tensions qu’elle engendre entre détenus.
Un premier témoin, détenu à la prison de Melrose, a évoqué la facilité avec laquelle la drogue synthétique circule en prison, affirmant qu’elle serait aisément accessible derrière les barreaux. Selon lui, Andy Selmour aurait été impliqué dans ce trafic et aurait distribué cette substance à d’autres détenus, notamment dissimulée dans un tube de dentifrice.
Le témoin a également relaté les événements du 9 décembre 2025, indiquant qu’une altercation aurait éclaté entre Andy Selmour et un autre détenu, identifié comme son agresseur présumé, avant que ce dernier ne le frappe à l’aide d’un bâton. Il a ajouté que d’autres détenus auraient également tenté de s’en prendre à Selmour.
Toujours selon ce témoignage, le conflit trouverait son origine dans des tensions liées au partage de drogue, ainsi que dans des objets ou faveurs non remis entre détenus.
Un autre élément troublant concerne l’introduction de la drogue en prison. Le témoin a affirmé que celle-ci pourrait provenir de l’extérieur, notamment lors de visites, tout en évoquant des soupçons de complicité interne, certains gardiens étant, selon lui, impliqués dans ce trafic — bien qu’il précise que cela ne concernerait qu’une minorité.
La commission a également entendu le détenu désigné comme l’agresseur présumé, qui a livré une version différente des faits. Celui-ci a reconnu avoir eu une altercation avec Andy Selmour, mais affirme avoir agi dans un contexte de dispute. Il soutient ne pas avoir prémédité l’agression, tout en admettant certains gestes visibles sur les images de vidéosurveillance.
Ce dernier a aussi confirmé l’existence d’un trafic de drogue en prison, affirmant que plusieurs détenus, dont Andy Selmour, y seraient impliqués. Il a évoqué des tensions liées à des échanges de drogue, ainsi qu’à une promesse non tenue concernant certains effets personnels.
Par ailleurs, il a été indiqué qu’Andy Selmour avait entamé des démarches contre l’administration pénitentiaire à la suite des incidents du 17 juillet 2025, estimant ne pas avoir bénéficié d’une protection adéquate.
Au fil des auditions, un constat semble se dégager : celui d’un climat tendu au sein de la prison, marqué par la circulation de drogue, des rivalités entre détenus et des failles dans le système de sécurité.
La commission d’enquête poursuit ses travaux afin d’établir avec précision les circonstances ayant conduit à la mort d’Andy Selmour.